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San Jose: l'hôtel El Sesteo et l'hôtel Bougainvillea

par Laval Roy

 

28 février et 1er mars 2009

En ce 28 février 2009, nous sommes neuf participants à partir de l'aéroport Jean Lesage à Québec; cinq partent de l'aéroport Pierre Elliot Trudeau de Dorval et deux participants sont déjà rendus au Costa Rica depuis deux jours. Après une escale à Newark New Jersey, nous atterrissons à l'aéroport de Alajuela vers 21h30, heure locale de San Jose (HNE moins 1 heure). Comme prévu, Jacquie et Serge Therrien nous attendent accompagnés de Jean Jacques Gozard. Nous montons à bord d'un super bus aux grandes baies vitrées et nous nous rendons à l'hôtel El Sesteo sans encombre. L'endroit semble très bien avec une piscine au centre d'une cour intérieure et les chambres disposées tout autour. Il est 23h30 et il est temps de fermer les lumières si nous voulons être en pleine forme pour la journée qui nous attend demain. On a très très hâte de commencer notre aventure. Quel sera le premier oiseau du voyage ?

Cour intérieure au El Sesteo. Photo Anne Déry.           Ariane à ventre gris / Rufous-tailed Hummingbird. Photo Louise Simard.

Après une nuit plus ou moins réparatrice (à cause du peu de temps passé à l'horizontale), nous nous levons vers 5h20 et nous sortons dans la cour intérieure de l'hôtel une vingtaine de minutes plus tard alors que la noirceur se dissipe. Jusqu'au petit déjeuner, soit vers 7h15, nos recherches nous permettent plusieurs espèces, toutes très communes. La première est le Merle fauve (Clay-colored Thrush), l'emblème aviaire du Costa Rica. C'est le premier oiseau qui se fait entendre vers les 4h30 du matin. Quand on sait la très grande diversité aviaire et la beauté impressionnante du manteau de certaines espèces présentes au Costa Rica, on peut trouver un peu bizarre que cet oiseau, au plumage plutôt terne, ait été choisi comme emblème national. Cependant, il faut en connaître la raison. Ce merle chante incessamment à l'approche de la saison des pluies, ce qui apporte la bonne nouvelle que la saison sèche achève. La pluie bienfaitrice va bientôt remplir les puits, humidifier le sol, faire germer les graines de semences et les fleurs vont venir égayer la vie des gens. Aussi, les paysans disent que cet oiseau répandu dans tout le pays chante autant pour le pauvre que pour le riche, autant pour le vieillard que pour le nouveau-né. Il est synonyme de vie et la promesse que des temps meilleurs sont à venir.

Merle fauve / Clay-colored Tbrush, emblème aviaire du Costa Rica. Photo Louise Simard.Une Tourterelle à ailes blanches (White-winged Dove) sur son nid attire aussi notre attention. Elle l'a construit dans la cour intérieure, à la première fourche d'un palmier, à un peu moins de trois mètres du sol. Ensuite, nous voyons nos premières hirondelles, des Hirondelles bleu et blanc (Blue-and-white Swallow) qui virevoltent dans le ciel bleu costaricien. Un Saltator gris (Grayish Saltator) vient se percher sur une antenne de télévision et il est bientôt remplacé par une Colombe inca (Inca Dove). Un petit oiseau brun se dissimule au pied des nombreuses plantes ornementales pendant un bon moment et il se perche enfin pour nous divulguer son identité, un Bruant gingolo (Rufous-collared Sparrow). Un son très familier sous les tropiques résonne bientôt et l'auteur du "Qu'est-ce qui dit ?" se perche bientôt sur la clôture délimitant le terrain de l'hôtel, un Tyran quiquivi (Great Kiskadee). Il est bientôt évincé de sa position par un très agressif Tyran mélancolique (Tropical Kingbird). Un colibri très rapide élude notre identification pendant les premières apparitions, mais le nom d'Ariane à ventre gris (Rufous-tailed Hummingbird) lui est accolé aussitôt qu'il nous alloue une meilleure observation. Un quiscale à très longue queue et émettant des cris stridents et variés vient se percher sur une gouttière, le Quiscale à longue queue (Great-tailed Grackle). Alors que des Pigeons biset (Rock Pigeon) passent en vol, une diminutive Colombe à queue noire(Common Ground-Dove) vient atterrir sur un toit voisin. Des cris rauques en provenance du ciel nous font relever la tête et un couple de Conures de Finsch (Crimson-fronted Parakeet) nous survolent en se dirigeant vers le centre-ville. Nous nous dirigeons ensuite vers le restaurant de l'hôtel pour notre premier repas en sol costaricien.

Après le repas, nous sortons nos bagages en face de l'hôtel et nous observons aux alentours, en attendant l'arrivée de notre autobus. Nous avons le temps alors de trouver une Paruline jaune (Yellow Warbler), un Tangara vermillon (Summer Tanager), un Saltator des grands-bois (Buff-throated Saltator) et nous entendons un Saltator à tête noire (Black-headed Saltator), sans parvenir à le localiser.

Il est temps maintenant de quitter pour la région de San Carlos. La suite du rapport vers cet endroit sur la page suivante.

10 mars 2009

Arrivés à la noirceur hier soir, nous n'avons pas pu profiter de l'environnement de l'Hôtel Bougainvillea. Cet hôtel est l'un des plus beaux du Costa Rica. Il est reconnu pour son service impeccable, son confort et sa nourriture. À l'arrière de l'hôtel, de magnifiques jardins paysagers nous permettent de belles observations ornithologiques. Cet endroit est le seul site connu au Costa Rica où on peut observer le Tohi à face blanche (Prevost's Ground-Sparrow) sur une base régulière. Son plus gros cousin, le Tohi oreillard (White-eared Ground-Sparrow), hante aussi les lieux où il est plus commun et plus facile à voir. Même si nous sommes dans une banlieue de San Jose, entourés de maisons et du trafic routier, ce site fait office de havre de paix où l'on peut espérer faire de belles rencontres. Dès mon arrivée hier soir, je suis sorti sur le balcon de la chambre et le sifflement de l'Engoulevent pauraqué (Pauraque) se faisait entendre. Le lendemain matin, c'est la Chevêchette brune (Ferruginous Pygmy-Owl) qui s'est mis à siffloter sans stimulation aucune. Très loin, un oiseau blanc, aux ailes élancées, faisant penser à un goéland, fait du surplace au-dessus de l'espace vert séparant les deux voies d'un boulevard achalandé.  Je reconnais immédiatement l'Élanion blanc (White-tailed Kite). À cause de la déforestation intensive qui s'est faite dans la vallée centrale, les oiseaux ont dû s'adapter aux nouveaux environnements. Certaines espèces ont tout simplement quitté la région, alors que d'autres ont su modifier leurs exigences. Ainsi, Jean Jacques m'a dit que 197 espèces d'oiseaux différentes ont été répertoriées dans la zone urbaine du grand San Jose. Lui-même, qui demeure en banlieue à Tres Rios, a pu observer ou entendre de son patio des espèces aussi inattendues que le Manakin fastueux (Long-tailed Manakin), la Paruline de Zeledon (Wrenthrush) ou le Petit-duc de Clark (Bare-shanked Screech-Owl). La Conure de Finsch (Crimson-fronted Parakeet) se perche maintenant sur les grands buildings dans le centre-ville et elle niche sur les corniches. Cette situation n'est pas unique qu'au Costa Rica. À Caracas, Venezuela, le Ara vert (Chestnut-fronted Macaw) maraude le long de la côte et on le voit fréquemment. À Panama city, au Panama, j'ai déjà observé un couple de Ara rouge (Scarlet Macaw) en vol parmi les grands buildings. À Miami, en Floride, plusieurs espèces de psittacidés (toutes introduites) se sont accommodées des parcs publics et elles s'y reproduisent avec succès.

La cour arrière du Bougainvillea. Photo Anne Déry.      Le Prevost's Ground-Sparrow sur la liste des oiseaux communs au Bougainvillea. Photo Anne Déry.

Toujours est-il que nous sommes dehors, à l'avant de l'hôtel, vers les 6h00. Andrée Desjardins vient nous dire en toute hâte qu'elle a trouvé deux Amazones à nuque d'or (Yellow-naped Parrot) dans le jardin en arrière de l'hôtel. Heureusement, nous pouvons emprunter un raccourci en traversant tout simplement par l'intérieur de l'hôtel et, à notre arrivée, les deux oiseaux sont toujours là. Ils s'envolent quelques secondes plus tard. Juste le temps d'apprécier le contraste entre le jaune de leur nuque et le vert du reste du plumage. Quel beau perroquet ! Nous découvrons ensuite le mini jardin botanique mis à notre disposition. Les Merles fauves (Clay-colored Thrush) sont présents partout sur le site. Un Troglodyte familier (House Wren) s'immisce dans les enchevêtrements de branches d'arbustes en fleur. Nous l'entendons plus que nous ne le voyons. Notre attention se porte naturellement sur les deux espèces de tohis. Après de longues minutes de recherche, je repère deux Tohis oreillards. Tout le monde a le temps de s'émerveiller devant ce très bel oiseau.

Les autres espèces présentes: Ariane à ventre gris (Rufous-tailed Hummingbird), Paruline à flancs marron (Chestnut-sided Warbler), Paruline obscure (Tennessee Warbler), Paruline à calotte rousse (Rufous-capped Warbler), Tangara évêque (Blue-gray Tanager), Piaye écureuil (Squirrel Cuckoo), Conure de Finsch (Crimson-fronted Parakeet), Motmot houtouc (Blue-crowned Motmot), Pic de Hoffmann (Hoffmann's Woodpecker), Tyran quiquivi (Great Kiskadee), Hirondelle bleu et blanc (Blue-and-white Swallow), Troglodyte à nuque rousse (Rufous-naped Wren), Troglodyte modeste (Plain Wren), Saltator des grands-bois (Buff-throated Saltator), Quiscale chanteur (Melodious Blackbird), Quiscale à longue queue (Great-tailed Grackle) et Oriole de Baltimore (Baltimore Oriole) Pas de trace cependant de l'autre tohi, le plus rare en fait.  Nous devons bientôt nous résoudre à nous diriger vers la salle à manger pour prendre notre dernier petit déjeuner. Après ce repas, nous nous accordons une vingtaine de minutes additionnelles afin de prendre la photo de groupe et aussi d'essayer une dernière fois pour le Tohi à face blanche. Il échappe encore à nos recherches. Nous observons 28 espèces durant l'heure disponible avant le départ et nous fermons la liste de coches officielle à 329 espèces. 

Couple de Pic de Pucheran / Black-cheeked Woodpecker. Photo Line Bruneau.     Troglodyte à nuque rousse / Rufous-naped Wren). Photo Louise Simard.     

Nous quittons ensuite pour l'aéroport où tout se passe bien pour l'enregistrement des bagages et la prise des billets. Un autre très beau voyage au Costa Rica malgré la pluie trop insistante. Les participant(e)s ont fait preuve de beaucoup de patience et de bonne humeur afin de garder le moral pendant tout le temps passé sur le versant caraïbe. Il a plu de façon inhabituelle pour la saison. En fait, le beau temps s'est installé la journée même de notre départ du Celeste Mountain Lodge, près du volcan Tenorio. Ça fait partie des impondérables du voyage. Comme les oiseaux, nous devons nous acclimater aux éléments extérieurs sur lesquels nous avons peu de prise.

J'ai déjà hâte de revenir dans ce beau pays. Il y a encore tellement d'autres belles aventures à y vivre.

 





© 2009 Laval Roy