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    La région de San Carlos

par Laval Roy


 

1er mars 2009

Pénélope panachée / Crested Guan. Photo Line Bruneau.Après avoir quitté l'hôtel El Sesteo, nous nous dirigeons vers le nord en passant par le Parc National Braulio Carillo. Nous nous arrêtons d'abord près du pont enjambant le Rio Sucio. Ce sont deux Pénélopes panachées (Crested Guan) qui nous accueillent dès notre descente de l'autobus. Il est toujours étonnant de réaliser comment un si gros oiseau peut échapper à l'oeil humain lorsqu'il est perché, immobile, parmi les feuilles d'un grand arbre. Impossible toutefois de manquer les deux individus qui sont à peine à six mètres de nous. Ils se nourrissent et ils adoptent des poses très... photogéniques. Puis ce sont deux Faucons des chauves-souris (Bat Falcon) qui sont découverts, perchés dans un grand arbre défolié juste derrière celui de nos pénélopes. L'un des faucons nous fait toute une démonstration sur l'art de capturer un morpho en plein vol. Je savais que les jacamars sont de grand prédateur de morphos, mais pas le Faucon des chauves-souris. Et voilà que des oiseaux de grosseur moyenne passent en coup de vent un peu plus haut que la hauteur des yeux. Jean Jacques les identifie immédiatement comme étant des Cassiques à tête brune (Chestnut-headed Oropendola), ce qui fait sourciller avec raison les observateurs novices des oiseaux tropicaux. Et voilà qu'un individu daigne se percher à la vue et au su de tout le monde. Alors que les WOW! résonnent de toute part, l'oiseau est bel et bien celui annoncé par notre guide ornithologue. C'est bon d'être bien entouré.

Rio Sucio. Photo Anne Déry.Il est dépassé 09h00 et plusieurs rapaces planent en profitant des "thermales" créées par la crête de la montage. Il faut être attentif, car tout est possible ici. Voilà que deux Buses solitaires (Solitary Eagle) sont repérées . Un beau spectacle que de suivre cette espèce qui plane majestueusement pendant une bonne minute. Alors que nous sommes prêts à partir, voilà qu'un autre rapace apparaît et Louis Messely clame: "Une Buse barrée (Barred Eagle)", identification corroborée simultanément par Jean Jacques et moi-même. Nous nous arrêtons ensuite un peu plus loin au "jardin des papillons" qui est un bon endroit pour trouver des colibris. Nous trouvons le Colibri à tête violette (Violet-headed Hummingbird), puis un couple de Coquettes à queue fine (Green Thorntail). En face du site, un groupe de tangaras s'anime et une dizaine de Cardinal à ventre blanc (Black-faced Grosbeak) font partie de la bande. Après au moins une vingtaine de minutes, nous poursuivons notre route et nous quittons le parc Braulio Carillo pour les basses terres caraïbéennes. Nous faisons un autre arrêt en bordure de route pour chercher le Sporophile de Nutting (Nicaraguan Seed-Finch), au même endroit que nous l'avions fait en 2005. Nous finissons par le trouver perché dans un arbuste. Il est loin, mais nous voyons bien son énorme bec pâle lorsqu'il tourne la tête. Pas très loin de là, se trouve l'entrée de la Selva où nous allons dans l'espoir de trouver l'Oriole à queue jaune (Yellow-tailed Oriole). Nous n'avons pas cette chance, mais nous découvrons plusieurs espèces jusqu'à ce qu'un bon orage nous surprenne. Nous avons entre autres: deux Troglodytes zonés (Band-backed Wren), deux Tyranneaux flavéoles (Yellow Tyrannulets), des toucans, nos premiers Pics de Pucheran (Black-cheeked Woodpecker) et le Troglodyte à gorge noire (Black-throated Wren). Un Basilic vert descend le long d'un tronc d'arbre à toute vitesse et il se laisse entrevoir pendant quelques secondes en bordure de la route. Ce basilic, de même que son cousin le Basilic brun, est un lézard bien peureux et quelque peu agressif. Les Indiens les appelaient les "pasorios", ce qui signifie "lézard traverseur de rivières" ou "lézard Jesus-Christ". Cette dernière appellation lui vient de sa faculté à courir sur l'eau à une vitesse considérable (jusqu'à 12 km/heure). Ce lézard est très à l'aise dans l'eau, il nage, plonge et peut passer de longues minutes sous l'eau sans respirer. Physiquement, il se caractérise  par de grands yeux, une tête pointue vers l'arrière et les mâles possèdent des crêtes au niveau de la tête, du dos et de la queue. Notre individu est un beau mâle. C'est encore une grosse ondée subite qui nous fait arrêter nos recherches et qui nous indique le temps de poursuivre notre route. Nous nous rendons ensuite près de la ville de Puerto Viejo, au lodge El Gavilan,  en faisant un arrêt "dépanneur" et en observant à bord du bus.

Le El Gavilan est situé le long du Rio Sarapiqui. Ce lodge est reconnu depuis un bon nombre d'années pour accueillir l'Ibis vert (Green Ibis) et le Caurale soleil (Sunbittern). Ce qui est génial à cet endroit, c'est que les propriétaires maintiennent des plateaux sur lesquels sont déposés quotidiennement des bananes et d'autres fruits. Ceci attire une bonne diversité d'oiseaux frugivores. Les oiseaux sont effectivement présents au grand plaisir de tous. C'est donc en mangeant que nous ajoutons de nouvelles espèces ou que nous en revoyons d'autres de meilleure façon. Le repas est excellent et tout le monde est de bonne humeur.

 

Vue du terrain au El Gavilan. Photo Anne Déry.    Le groupe attablé et observant les oiseaux sur le plateau de fruits. Photo Anne Déry.       

 

Guit-guit émeraude (en vol), Saltator des grands-bois, Calliste à coiffe d'or et Tangara à croupion rouge. Photo Serge Therrien.

Tangara à croupion rouge / Passerini's Tanager. Photo Louise Simard.   Oriole monacale / Central American Black-cowled Oriole. Photo Line Bruneau.   Calliste à coiffe d'or / Golden-hooded Tanager. Photo Louise Simard.

Après le repas, nous tentons de trouver le Caurale soleil le long de la rivière, mais sans succès. Comme prix de consolation, nous récoltons un splendide Tohi à bec orange (Orange-billed Sparrow), passereau furtif s'il en est un, mais qui finit par passer dans les jumelles de presque tous les participants. Et comme si ça devait être notre karma tout au long de ce voyage, c'est une ondée qui sonne le moment du départ. Il nous reste pas mal de route à faire et nous faisons de l'observation sans descendre du bus. Dépassé la petite ville de Pital, la surface bitumineuse se transforme en gravier et son état se détériore au fur et à mesure que nous avançons. En fait, elle était déjà dans cet état lors de mon premier voyage dans cette région en mars 2000. La vitesse est d'autant réduite, mais les paysages sont intéressants. Nous arrivons au coucher du soleil à Laguna del Lagarto. Un endroit enchanteur, un lodge accueillant, une bouffe excellente et, après la liste quotidienne, nous sommes prêts à regagner nos chambres à 21h00.

La liste de la journée fait état de 124 espèces vues ou entendues.   

2 mars 2009

Vue arrière de notre habitation. Balcon avec vue sur la lagune. Photo Josette Lapointe.     La lagune telle que nous la découvrons en arrivant sur le site. Photo Anne Déry.           

 

Nous passons cette journée sur le site du Laguna del Lagarto. Tôt le matin, nous nous réveillons au chant du Grand Tinamou (Great Tinamou). Ça augure bien pour le reste de la journée. Comme prévu, nous nous levons tôt, mais comme il pleut, nous restons sur la galerie couverte de la salle à manger pour observer avant le petit déjeuner, de 05h45 à 07h00. Des bananes suspendues aux arbres avoisinants attirent de nombreux oiseaux, dont les deux espèces de toucans, le Toucan à carène (Keel-billed Toucan) et le Toucan de Swainson (Chestnut-mandibled Toucan), l'Araçari à collier (Collared Araçari), le Toui à menton d'or (Orange-chinned Parakeet) , le Caïque à capuchon (Brown-hooded Parrot) et plusieurs espèces de tangaras. Même les coatis grimpent à l'arbre pour se délecter de la chair tendre des bananes mûries à point. En contrebas de la galerie, nous ne manquons pas d'identifier un Tyran à tête grise (Gray-capped Flycatcher) et une bande de Cassiques à dos rouge (Scarlet-rumped Cacique) qui se déplacent d'un arbre à l'autre. Avec comme trame de fond le chant répétitif du Pigeon à bec noir (Short-billed Pigeon), nous observons le plus gros des martins-pêcheurs du nouveau monde, le Martin-pêcheur à ventre roux (Ringed Kingfisher), alors qu'il passe en vol.

           Araçari à collier / Collared Aracari. Photo Louise Simard.   Toucan à carène / Keel-billed Toucan. Photo Louise Simard.   Toucan de Swainson / Chestnut-mandibled Toucan. Photo Louise Simard.

 

Après le petit déjeuner, nous choisissons des bottes de caoutchouc qui sont fournies par le lodge. Nous comprenons vite pourquoi. Cette région est très pluvieuse et la forêt visitée est du type "tropicale humide". Je crois que l'épithète "tropicale boueuse" serait plus appropriée. Cette expérience me rappelle étrangement ce qu'on a vécu cinq mois plus tôt sur la Capuchinbird Road dans le sud-est du Venezuela. Des forêts fort intéressantes, mais difficiles à parcourir avec des sentiers qui se retrouvent parfois submergés selon la fréquence et la force des ondées, donc assez imprévisibles.

     Une partie très boueuse du sentier. Photo Serge Therrien.       Traversée sur un tronc d'arbre. Photo Jean Jacques Gozard.

Avant de pénétrer en forêt, un "ah-ah-ah-ah-ah-ah-ah"familier nous confirme la présence de notre premier trogon du voyage, le Trogon de Masséna (Slaty-tailed Trogon), qui à son habitude se laisse observer sous tous les angles possibles. Aujourd'hui, la forêt est relativement tranquille, mais nous croisons quelques espèces intéressantes dont deux Barbacous à front blanc (White-fronted Nunbird), un mâle de Batara à nuque noire (Western Slaty Antshrike), un Antriade turdoïde (Thrush-like Schiffornis), un Pipromorphe roussâtre (Ochre-bellied Flycatcher) et un Pic cannelle (Cinnamon Woodpecker).  Cette quiétude relative en forêt nous permet de nous attarder un peu plus aux plantes et aux autres êtres qui peuplent ces lieux. Une première bande de Singes araignées ou Atèles de Geoffroy passe en trombe à la couronne des arbres et ces acrobates incomparables sautent de branche en branche en s'aidant de leurs longs bras. De quoi faire rougir d'envie Tarzan lui-même. Contrairement aux singes de l'Ancien Monde, quelques espèces du Nouveau Monde peuvent compter sur une longue queue préhensible dont ils se servent comme d'un cinquième membre pour s'agripper aux branches. Ce cinquième point d'appui leur procure plus d'assurance et de dextérité. Toujours est-il que nos amis demeurent peu longtemps dans notre champs de vision. Ils font quand même beaucoup de bruit autant par leurs déplacements que par les fruits et les branches cassées qui tombent des arbres ou les cris très aigus qu'ils émettent continuellement comme pour garder un contact permanent entre eux. Nos amis disparus, nos regards s'abaissent sur des objets plus à notre portée. C'est ainsi que nous découvrons de très colorés petits batraciens . En fait, ce sont des dendrobates : le Dendrobate fraise (Strawberry Poison-dart Frog), aussi appelé Dendrobate nain, et le Dendrobate doré (Green Poison-arrow Frog). Ces petites créatures échappent facilement à l'oeil, malgré leurs couleurs frappantes ou le motif sur leur corps. Cependant, l'ouïe attentive et rodée de Jean Jacques les repère assez facilement. Il tend donc l'oreille et s'approche lentement de la source de ces sons très aigus. D'un geste très rapide de la main, il capture une grenouille lilliputienne. Que de beauté dans un si petit être. La coloration rouge de son manteau indique aux autres habitants de la forêt que ce ne serait pas une bonne idée de la croquer, car elle contient un venin mortel. Les aborigènes enduisaient d'ailleurs la pointe de leur flèche de ce venin afin de faire mourir leur proie plus rapidement. La flèche n'avait pas à atteindre leur victime à un endroit vital, mais n'avait plutôt qu'à pénétrer la chair et le venin finissait le travail. Jean Jacques nous explique que les batraciens respirent par la peau et ils sont donc les premiers êtres à périr quand l'atmosphère est trop polluée. Quand on les retient de force dans la main, ils peuvent exsuder une substance potentiellement irritante si nous avons des blessures ouvertes dans la main. Comme Jean Jacques en a, il éprouve un picotement qui le force à ne pas garder le dendrobate trop longtemps. Le temps de quelques photos et il le laisse aller. Et même s'il ne porte pas de rouge, le Dendrobate doré est aussi venimeux que son cousin plus petit et plus coloré.

        Dendrobate doré / Green-and-black Poison-arrow Frog. Photo Anne Déry.    Dendrobate fraise ou nain / Strawberry Poison-dart Frog. Photo Anne Déry.    Rainforest Hognosed Pit-viper. Photo Jean Jacques Gozard.  

Alors que nous marchons lentement dans le sentier humide, Dominique attire mon attention sur quelque chose que je venais d'enjamber sans m'en apercevoir. Et je n'étais pas le seul puisque plusieurs personnes me devançaient dans la file. Il s'agît d'un petit serpent immobile et en position lovée, en plein milieu du sentier. Habituellement, les serpents vont adopter cette position alors qu'ils se tiennent adossés à un grand arbre. De cette façon, ils sont certains de ne pas être surpris par un prédateur qui arriverait par l'arrière. Malgré ses dimensions réduites et sa passivité apparente, cette bestiole est également venimeuse et elle peut "dégainer" à tout moment. Jean Jacques nous prévient du danger éventuel et il ne connaît pas avec exactitude l'identité de l'animal. Il croit être en présence d'un Jumping Pit-viper, mais il n'en est pas certain. Il y a plusieurs espèces de serpents sous les tropiques, quelques uns se ressemblant beaucoup. Finalement, il s'agit d'un Rainforest Hognosed Pit-viper (je n'ai pu trouver le nom français de ce reptile). Nous passons de longues minutes à prendre des photos tout en gardant une distance sécuritaire.

Nous finissons par sortir de la forêt et nous aboutissons sur un chemin de gravier qui mène au lodge. Nous sommes en milieux ouverts et nous entendons un gazouillis nouveau pour nos oreilles. C'est un mâle de Sporophile à bec fort (Thick-billed Seed-Finch) qui chantonne sans doute pour une femelle toute proche. Il ouvre à peine le bec et seul un mouvement subtil des plumes de la gorge nous confirme que c'est bien cet individu qui chante. Un peu plus loin, Richard Jones entrevoit un oiseau gris qui se cache dans un enchevêtrement de branches. Un miaulement très commun pour nous confirme la présence d'un Moqueur chat (Gray Catbird). Nous terminons cette sortie avec un couple d'Organistes olives (Olive-backed Euphonia), très en voix eux aussi. Nous sommes de retour vers midi, sans avoir eu de pluie, mais le ciel est très couvert et nous avons droit à une bonne ondée pendant le dîner. Une belle surprise lors du repas alors que six Aras de Buffon (Great Green Macaw)  viennent se percher dans un grand arbre et ils se laissent observer à la lunette. Quel beau spectacle alors qu'ils étalent leurs ailes et leur queue comme pour nous impressionner davantage. Un grand pic arrive en vol de nulle part et il vient s'agripper au tronc d'un cecropia. Nous reconnaissons aussitôt le Pic ouentou (Lineated Woodpecker), version légèrement plus petite de notre Grand Pic (Pileated Woodpecker).

Héron agami / Agami Heron. Photo Jean Jacques Gozard.Nous faisons ensuite une sieste jusqu'à 14h30, mais le départ est encore retardé de trente minutes par une ondée trop forte. Nous parcourons le terrain du jardin du lodge, terrain jouxtant la lagune. Des cris de contact de parulines nous attirent vers une partie spécifique du jardin. Un petit groupe d'oiseaux farfouille dans le feuillage et nous identifions la Paruline obscure (Tennessee Warbler), la Paruline à ailes dorées (Golden-winged Warbler), la Paruline noir et blanc (Black-and-white Warbler), le Sucrier à ventre jaune (Bananaquit), le Dacnis bleu (Blue Dacnis) et le Gobemoucheron tropical (Tropical Gnatcatcher). Je savais, dès 2000, que le site du lodge hébergeait une espèce de héron très difficile à trouver, soit le Héron agami (Agami Heron). Je l'avais cherché en compagnie de Johanne Barrette, Richard Yank et Normand David en mars 2000, mais sans succès. C'est donc avec une certaine nervosité que j'enligne lentement mes jumelles sur chaque mètre de la rive opposée. Je fais le tour quelques fois et mon oeil est intrigué par une forme immobile qui ne ressemble en rien à un oiseau, mais qui détonne sur le reste. J'essaie de m'imaginer à quoi une telle forme peut correspondre et je me convaincs moi-même que ce doit être mon imagination. Je continue donc ma recherche visuelle. Quand je reviens à ce même point, je me questionne à nouveau et je décide d'y investir du temps. Afin de maintenir une bonne stabilité, j'accote ma jumelle sur la structure du kiosque où je me trouve. Il se passe bien une bonne trentaine de secondes avant qu'un mouvement très lent de cette forme me fasse comprendre ce que je voyais réellement. C'est un Héron agami. Je n'en reviens tout simplement pas. Enfin cet oiseau se matérialise devant moi. Cet oiseau se tient toujours le long des plans d'eau où la végétation riveraine permet à ses branches de venir toucher l'eau. Il se forme alors un corridor ombragé entre la végétation baignant dans l'eau et la rive. Et comme pour ajouter à la difficulté de repérage, ce petit héron se déplace très très lentement. Il peut rester immobile pendant de longues minutes et, lorsqu'il se déplace, il le fait à pas de tortue. Donc, imaginez un oiseau de faible taille, de couleur foncée, ramassé sur lui-même, restant immobile la plupart du temps ou se déplaçant très lentement et fréquentant un milieu très sombre, et vous aurez la mesure de la difficulté à le repérer. Nous prenons notre temps pour l'observer et il finit par se dégager un peu et Jean Jacques profite de l'occasion pour l'immortaliser sous forme de pixels.

Remis de nos émotions, nous continuons à longer la lagune et un Martin-pêcheur d'Amazonie (Amazon Kingfisher) se perche ostensiblement à une vingtaine de mètres de nous. Chacun peut observer les caractères qui le distinguent de son diminutif cousin, le Martin-pêcheur vert (Green Kingfisher).  Nous aboutissons finalement sur une route de gravier et nous nous éloignons un peu du lodge. À cause de l'heure tardive, nous ne pouvons la parcourir trop longtemps. Nous sommes bientôt en présence d'un arbre énorme où des vignes pendent des grosses branches. Elles forment un véritable mur de verdure et elles produisent des fruits qui attirent les Guit-guit brillant (Shining Honeycreeper), Guit-guit émeraude (Green Honeycreeper) et Organiste cul-blanc (White-vented Euphonia). Sur le chemin du retour, nous sommes heureux de cocher un couple de Tangaras à épaulettes blanches (White-shouldered Tanager).

En cette deuxième journée, nous avons récolté 93 espèces et nous en sommes à 163 pour le cumulatif.

3 mars 2009

Râle de Cayenne (Gray-necked Wood-Rail) au site de compostage. Photo Anne Déry.Journée intéressante, mais très tranquille pour les oiseaux. Avant le petit déjeuner, un tour au site de compostage du lodge où se présentent le Râle de Cayenne (Gray-necked Wood-Rail), le Troglodyte à poitrine blanche (White-breasted Wood-Wren), l'Alapi à dos roux (Chestnut-backed Antbird), la Grive des bois (Wood Thrush) et le Trogon aurore (Black-throated Trogon). À une bonne distance, nous entendons les chants de l'Attila à croupion jaune (Bright-rumped Attila) et du Smaragdan émeraude (Green Shrike-Vireo). Après le petit déjeuner, nous faisons une tournée en forêt, mais les oiseaux sont exceptionnellement soit absents, soit cachés et silencieux. Nous croisons sur notre chemin le Manakin à cuisses jaunes (Red-capped Manakin) et nous revoyons le Troglodyte à poitrine blanche. Malgré une longue marche, nous n'entendons ni ne voyons rien de nouveau. C'est à une centaine de mètres du lodge, sur le chemin du retour, que nous rencontrons le seul groupe d'oiseaux de la journée. Le tout commence par un couple très vocal d'Évêques bleu-noir (Blue-black Grosbeak). Deux espèces de grimpars apparaissent l'un après l'autre: le petit Grimpar bec-en-coin (Wedge-billed Woodcreeper) et le gros Grimpar enfumé (Plain-brown Woodcreeper). Un petit groupe de Grisins étoilés (Dot-winged Antwren) vient mettre un peu de vie dans cette forêt un peu trop sclérosée à notre goût. Nous terminons l'avant-midi sur le terrain autour des bâtiments, mais là aussi, c'est tranquille.

Le dîner est délicieux comme tous les repas pris ici jusqu'à présent. C'est unanime, tout le monde adore et se sert souvent deux fois. Le personnel est très aimable et souriant. Nous faisons une sieste jusqu'à 14h30 puis nous reprenons la route à pied pour nous rendre plus loin qu'hier, jusqu'à un étang et quelques habitations qui forment un mini village. On y trouve une chapelle, un "dépanneur" et une place avec des machines à boules sur la galerie extérieure. C'est un peu surréaliste, avec des enfants assis sur les capots de voiture ou couchés dans une charrette, un type avec son âne, un tout petit et jeune chien qui essaie (et réussit à) d'impressionner un autre chien beaucoup plus gros que lui.

Le groupe arrivant au petit village. Photo Line Bruneau.

Les oiseaux se présentent à nous un après l'autre, et peuvent être généralement observés par la majorité. Alors qu'un Troglodyte à calotte noire (Bay Wren) capte notre attention voilà que Anne repère le plus petit passereau du monde, le Microtyran à calotte noire (Black-capped Pygmy-Tyrant). On dirait un gros bourdon lorsqu'il voltige d'une branche à l'autre. Tout à côté, un moucherolle à peine plus gros: le Moucherolle rougequeue (Ruddy-tailed Flycatcher).  Se succèdent ensuite: Colibri jacobin (White-necked Jacobin), Moucherolle à longs brins (Long-tailed Tyrant), Martin-pêcheur vert (Green Kingfisher), Râle à menton blanc (White-throated Crake), Tyran olivâtre (Dusky-capped Flycatcher), Tangara olive (Carmiol's Tanager), Manakin à col blanc (White-collared Manakin), Anabate à gorge fauve (Buff-throated Foliage-gleaner) et Petite Buse (Broad-winged Hawk). Un imposant Sarcoramphe roi (King Vulture) décrit quelques cercles dans le ciel et il se pose à la cime d'un très gros arbre. Nous nous en approchons et nous finissons par le voir d'assez près. Retour à la brunante, accompagnés des sifflements du Tétéma coq-de-bois (Black-faced Antthrush). Apéro puis autre souper délicieux. Malgré quelques instants de brume et un temps très couvert toute la journée, nous avons réussi à ne pas avoir de pluie aujourd'hui.

113 espèces ont été rencontrées aujourd'hui et nous en sommes à 191 pour le voyage.
 





© 2009 Laval Roy