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Le Guanacaste et l'Hacienda Guachipelin

par Laval Roy

 

5 mars 2009

Petit déjeuner à 6h30 puis départ vers Paloverde. Dès que nous franchissons les montagnes, après une dizaine de kilomètres de route, les nuages fondent, le soleil apparaît et les paysages sont différents. La végétation est beaucoup plus sèche. Après Bagaces, la route vers le parc est peu fréquentée et nous faisons plusieurs arrêts qui sont tous productifs. Nous trouvons deux Oedicnèmes striés (Double-striped Thick-knee) sur le bord de la route et les photographes s'en donnent à coeur joie. La lunette permet une belle observation à tous. Cette espèce constitue la 1000ième coche à vie pour Monique Maheu. Tout un exploit ! Puis nous découvrons trois Troglodytes à nuque rousse (Rufous-naped Wren), deux  Gobemoucherons à face blanche (White-lored Gnatcatcher) et le Pic de Hoffmann (Hoffmann's Woodpecker). Un autre arrêt permet d'ajouter le Bruant ligné (Stripe-headed Sparrow), le Coulicou manioc (Mangrove Cuckoo), le Tyran de Wied (Brown-crested Flycatcher) et le Tyran de Nutting (Nutting's Flycatcher).

Oedicnème bistrié / Double-striped Thick-knee. Photo Louise Simard.    Oedicnème bistrié / Double-striped Thick-knee. Photo Louise Simard.

Nous entrons ensuite dans le parc, accueillis par un groupe d'oedicnèmes et un autre de Colombes incas (Inca Dove). Chemin faisant, nous rencontrons des bandes de Singes hurleurs et de Capucins à face blanche. Nous observons également des iguanes vertes.

Capucin à face blanche / White-faced Capuchin. Photo Line Bruneau.    Singe hurleur / Howler Monkey. Photo Line Bruneau.

Nous faisons un autre arrêt où le Géocoucou de Lesson (Lesser Ground-Cuckoo) répond à l'appel en venant se percher à la vue de tous. Il est très vocal et il est possible de le photographier sans l'effrayer.

Géocoucou de Lesson / Lesser Ground-Cuckoo. Photo Louise Simard.

Nous nous rendons ensuite à un grand espace humide avec des zones d'eau libre et des zones herbacées. Il y a plusieurs oiseaux et plusieurs espèces -- spatules, dendrocygnes, aigrettes, hérons, tantales -- ainsi que des jabirus et des sternes. Nous dînons à cet endroit et nous en profitons au maximum.

Plan d'eau dans le parc de Paloverde. Photo Serge Therrien.      Colin huppé / Crested Bobwhite dans le parc de Paloverde. Photo Jean Jacques Gozard.

Par la suite, marche dans les routes du parc, en forêt sèche. On ajoute encore de belles espèces comme le Tohi olive (Olive Sparrow), le Bécarde à gorge rose (Rose-throated Becard) et le Troglodyte barré (Banded Wren). Nous finissons la visite en ces lieux en parcourant à pied le chemin qui mène à La Carolina. Nous arrivons à un petit étang où plusieurs dizaines d'aigrettes et de tantales se sont réunis.  Nous trouvons parmi eux un Onoré du Mexique (Bare-throated Tiger-Heron) immature et un Héron vert (Green Heron) trop occupé à pêcher pour remarquer notre présence.

Grandes Aigrettes et Tantales d'Amérique partent à notre arrivée. Photo Jean Jacques Gozard.    Mâle de Jacana du Mexique / Northern Jacana. Photo Line Bruneau.

Un dernier arrêt sur le versant pacifique nous fait découvrir le Colibri de Constant (Plain-capped Starthroat) et l'Organiste de brousse (Scrub Euphonia). Tout le monde est très content de sa journée, mais nous retrouvons les gros nuages, la pluie et le vent en nous approchant du versant caraïbe. À l'hôtel, les chambres sont très humides avec de la condensation partout, du plancher au plafond. Une douche chaude et un bon repas font passer le tout. Il est 20h45 lorsque nous débutons la liste. Nous avons récolté 98 espèces pour la journée et nous en sommes à 261 espèces pour le voyage.

 

7 mars 2009

Motmot à sourcils bleus / Turquoise-browed Motmot. Photo Line Bruneau.Lever dans la brume, la pluie et le vent. Nous ne sommes vraiment pas fâchés de quitter cette région tout de suite après le petit déjeuner. Nous descendons du côté pacifique en faisant un détour vers le sud, près de Canas, dans le but d'observer des limicoles et d'autres nouvelles espèces fréquentant les salines. À Bebedero, la route menant aux salines se trouve de l'autre côté du pont qui enjambe la rivière Tenorio. En arrivant au site, nous nous apercevons que, de l'autre côté de cette rivière, la route est fermée par une barrière gardée. Nous aurions pu demander au gardien de franchir cette barrière, mais notre chauffeur Edgar préfère ne pas prendre le risque de traverser le pont qui semble en piètre condition. Nous devons donc nous résoudre à oublier ces salines. Nous observons sur place pendant une vingtaine de minutes et nous constatons la diversité de ces berges: Martin-pêcheur d'Amazonie (Amazon Kingfisher), Chevalier grivelé (Spotted Sandpiper), Paruline des ruisseaux (Northern Waterthrush), Motmot à sourcils bleus (Turquoise-browed Motmot), Conure à front rouge (Orange-fronted Parakeet), Oriole de Sclater (Streak-backed Oriole), Oriole des vergers (Orchard Oriole) et Oriole de Baltimore (Baltimore Oriole). De retour sur nos pas, nous faisons un arrêt au "supermercado" à Canas puis nous remontons vers le nord. Autre arrêt à un petit étang près de la rivière Corobici où se prélassent des dendrocygnes, des sarcelles et des jacanas. Pendant tout ce temps, Jean Jacques recherche sans arrêt l'Oriole maculé (Spot-breasted Oriole), mais l'oiseau reste introuvable. Nous dînons à Liberia au restaurant "El Pilon" où l'excellence du service n'est égalée que par celle des plats servis. Peu de temps après, nous quittons la route 1 pour nous diriger vers l'Hacienda Guachipelin. La distance de plus ou moins quinze kilomètres se fait sur une route non asphaltée, mais en bon état. Nous faisons quelques arrêts, dont celui au Canyon Colorado. Le Rio Colorado s'insinue entre de très gros rochers noirs, révélant leur origine volcanique, sur lesquels des autochtones ont gravé des pictogrammes datant de l'ère précolombienne (aussi appelés pétroglyphes). C'est l'endroit idéal pour trouver le Troglodyte des rochers (Rock Wren) au Costa Rica, mais il ne répond pas à notre appel. Seule une Paruline à calotte rousse (Rufous-capped Warbler) le fait. Un arrêt plus loin, nous permet de débusquer un Tyran du Panama (Panama Flycatcher). Jean Jacques est surpris de le trouver aussi au nord. Il se retrouve habituellement dans la région de Carara.

Conure à front rouge / Orange-fronted Parakeet. Photo Louise Simard.    Amazone à front blanc / White-fronted Parrot. Photo Louise Simard.

Les paysages sont beaux, le volcan Rincon de la Vieja s'élève souvent en fond de scène et le sol est de couleur très pâle. Le soleil est présent depuis que nous sommes au bas des montagnes, de même que la chaleur. Par contre, le vent est toujours très présent et assez fort. Nous arrivons à l'hacienda vers 14h00, nous prenons nos chambres et nous étendons notre linge humide des derniers jours, puis nous repartons vers 15h00 pour parcourir le sentier "La Victoria" à proximité. Nous recherchons spécialement le Manakin fastueux (Long-tailed Manakin) et le Trogon élégant (Elegant Trogon). Après quelques essais infructueux d'appels, le manakin répond. Il faut maintenant le trouver ! Quelques femelles sont relativement faciles à observer, mais il nous faudra un bon bout de temps et des déplacements avant de trouver le mâle (qui reste quand même assez profond dans les buissons). Pour plusieurs participants, ce sera l'oiseau de la journée. Pour Louis Messely, il s'agit de sa 1000ième coche à vie. Une belle étape de franchie pour un ornithologue voyageur.

Vue de l'hôtel avec le Rincon de la Vieja en arrière. Photo Anne Déry.     Écurie au Guachipelin. Photo Anne Déry.

Retour à nos chambres pour nous rafraîchir avant le souper. Le repas est un buffet où chacun peut trouver un aliment à son goût. La lasagne végétarienne est délicieuse. Nous faisons la liste dans un local près de la réception de l'hôtel: 79 espèces pour la journée et 294 pour le voyage.

8 mars 2009

Petit déjeuner à 6h30, précédé d'un petit tour dans le jardin à l'avant de notre chambre. Puis à 7h30, départ en bus pour le Parc National Rincon de la Vieja qui est tout près. Le nom de ce volcan se traduit en français par "le coin de la vieille". Jean Jacques nous explique qu'il y a plusieurs histoires différentes qui accompagnent cette dénomination. La version la plus souvent racontée est celle d'une femme qui aurait perdu son amoureux après qu'il soit tombé dans le cratère du volcan. Elle serait demeurée inconsolable jusqu'à sa mort, survenue à un âge très avancé. La pauvre vieille ne s'en serait donc jamais remise. Pour en revenir à notre propre histoire, qui celle-là est un peu plus terre à terre, Louise et Janine ne nous accompagnent pas à cause du sentier rocailleux qui compose la boucle de trois kilomètres qui parcourt la forêt. Il y a aussi une petite rivière à traverser sur des roches ou sur un gros tronc d'arbre. C'est bien d'être renseigné d'avance, comme ça on évite les déceptions une fois rendu. À notre arrivée au point de contrôle à l'entrée du parc, Jean Jacques s'occupe de régler les frais d'admission. Nous nous engageons ensuite dans un sentier bien balisé, sec (quel soulagement après toutes nos péripéties antérieures), qui traverse une forêt tout simplement magnifique. Nous passons à proximité d'une très belle chute et nous en profitons pour prendre les photos souvenirs d'usage. La forêt est magnifique certes, mais c'est également un endroit très achalandé. Dès 10h00, plusieurs personnes prennent d'assaut ce sentier. À quelques reprises, nous rencontrons des gros groupes de touristes allemands ou asiatiques. Ils sont un peu pénibles à suivre dans le sentier étroit. Nous finissons par les dépasser. Les oiseaux ne sont pas nombreux, mais nous avons de très belles surprises, comme le Tinamou cannelle (Thicket Tinamou) qui chante et qui fait sa toilette tout près de nous. Puis, c'est le Trogon élégant (Elegant Trogon) qui répond à l'appel patient de Jean Jacques et qui vient se percher pour être bien observé par tous. Quelques Manakins fastueux (Long-tailed Manakin) sont aussi observés et de meilleure façon que la veille.

Tinamou cannelle / Thicket Tinamou. Photo Jean Jacques Gozard.

Aujourd'hui, avec un pareil ciel bleu, nous voyons très bien les paysages environnants. C'est impressionnant de voir le volcan de si près et d'être témoins de ses manifestations d'activité. Les fumerolles sont visibles à des kilomètres et donnent l'impression de brasiers qui consumeraient la végétation accrochée aux flancs du volcan. En fait, les fumerolles s'échappent de cuvettes remplies d'eau ou de boue en ébullition. Ça sent le souffre à plein nez lorsque nous sommes directement à côté. Sur une pancarte nous recommandant d'être très prudent, on mentionne également que la température se situe entre 75° et 106°C ou 192° à 248°F.  Alors que la forêt du piedmont du volcan est très verte, la végétation sèche prend le dessus dès que nous prenons de l'altitude. Ce contraste fait toute la beauté du site.

Fumerolle à Rincon. Photo Anne Déry.     Traversée d'un ruisseau à Rincon. Photo Anne Déry.

Retour à l'hacienda pour le dîner. Puis sieste jusqu'à 15h00. Line, Dominique et Jean Jacques en profitent pour faire une ballade à dos de cheval . Nous passons le reste de l'après-midi dans les sentiers à proximité. Les oiseaux sont très tranquilles et le vent toujours aussi décoiffant. Malgré cela, nous ajoutons le Passerin nonpareil (Painted Bunting) à la liste, en rencontrant deux femelles puis un superbe "macho", perché à découvert  en plein soleil.

 Après un autre succulent repas, nous passons à la liste de coches: 57 pour la journée et 300 au cumulatif.

9 mars 2009

Debout vers 5h15 dans l'espoir de voir ou d'entendre l'Engoulevent pauraqué (Common Pauraque) et peut-être aussi un petit strigidé avant le lever du soleil. Ça fonctionne pour l'engoulevent, mais pas pour le hibou. Il vente encore, mais moins qu'hier et nous entendons beaucoup plus les oiseaux. Nous en repérons plusieurs avant le petit déjeuner à 6h30, mais aucun nouveau. Départ ensuite vers 7h45 pour le sud. Avant de rejoindre la route 1, nous trouvons l'Ariane cannelle (Cinnamon Hummingbird) ainsi que l'Hirondelle à front blanc (Cliff Swallow). Nous repassons par Canas et nous arrêtons de nouveau au supermaché. Nous en profitons pour acheter des produits typiques costariciens à bas prix.  Le temps est superbe, le ciel est bleu et il fait chaud.

White-throated Magpie-jay on a horse. Photo Louise Simard.

Vers 10h00, nous tournons vers l'est et nous nous dirigeons vers le Ensenada Lodge, près de Manzanillo. L'endroit est magnifique et il donne sur le golfe de Nicoya. Nous observons en premier lieu dans les salines où se trouvent plusieurs espèces de limicoles. Au fond, se trouve une petite mangrove et nous y trouvons le Tyranneau des palétuviers (Northern Scrub Flycatcher), le Todirostre de Desmarest (Slate-headed Tody-Flycatcher) , le Batara rayé (Barred Antshrike) et la Paruline des mangroves (Mangrove Warbler).

Pélican brun, Mouette à tête noire, Sterne royale et Sterne caugek. Photo Serge Therrien.

Nous dînons au lodge, avec vue sur le jardin et le golfe. Mais auparavant, l'Oriole maculé (Spot-breasted Oriole) répond enfin à l'appel. Superbe oiseau !  Après le dîner, ce sont deux Petits-ducs de Cooper (Pacific Screech-Owl) qui sont observés à proximité, puis sternes, pélicans, frégates... Nous finissons par un passage à la lagune qui est très achalandée. Nous quittons ensuite vers 14h30, car une bonne route nous attend. Nous passons par Orotina pour aller retrouver les deux Chouettes à lignes noires (Black-and-white Owl) et les Paresseux à deux doigts qui sont là en permanence et que nous avions vus en 2005. Il est finalement autour de 17h30 lorsque nous arrivons à proximité de San Jose et c'est l'heure de pointe. Nous n'arrivons à l'hôtel que vers 18h30. Souper à 20h00 puis liste et recommandations concernant le départ de demain vers l'aéroport. Nous avons 112 espèces pour la journée et nous en sommes à 325 pour la liste cumulative.

Petit-duc de Cooper au Ensenada Lodge. Photo Louise Simard.     Chouette à lignes noires à Orotina. Photo Louise Simard.

 





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