Passion Plume ©

par Laval Roy


Mountain Pine Ridge (Crystal Paradise Lodge)

 

5 mars 2006 : la Milpa, Blue Creek, Monkey Bay et Cristo Rey (Crystal Paradise Lodge) 93m

 

en route vers Mountaine Pine Ridge

En ce dernier matin à la Milpa Field Station, nous ne pouvons nous permettre que l'excursion d'avant déjeûner, car nous quittons vers les 8h30. Notre fidèle "conductor" vient nous cueillir avec l'autobus après le repas et c'est là que nous saurons si nous pouvons prendre un chemin forestier qui va nous conduire vers notre prochaine destination, le Mountain Pine Ridge, en une couple d'heures ou si nous devrons faire tout le chemin inverse vers Belize City pour ensuite utiliser la seule route pavée existante, ce qui prendra entre quatre et cinq heures.

Notre balade matinale commence comme toutes les autres, avec les mêmes espèces aux mêmes endroits. La brume est cependant un peu plus épaisse ce matin et elle tarde quelque peu à s'évaporer avec le réchauffement provoqué par le soleil levant. Alors que nous sommes affairés à chercher un oiseau dans le feuillage, mon regard est attiré par une silhouette un peu spéciale dans un arbre dénudé de feuilles. Je signale l'oiseau à Vladimir et à Jean Jacques et personne ne peut mettre un nom dessus, car nous ne pouvons discerner aucune couleur, quand soudain j'ai un flash. Et oui, c'est bien une silhouette de cotinga: le Cotinga céleste (Lovely Cotinga) est là devant nous. Cet oiseau a l'habitude de se percher au faîte d'un arbre, tôt le matin et c'est le moment propice pour l'observer. Il quitte ensuite pour se nourrir dans la canopée, à l'abri des regards des prédateurs... et des observateurs. Tous les matins, d'ailleurs, je le recherchais aux faîtes de certains arbres où il était habituellement observé par les employés du centre. Malheureusement, l'oiseau s'envole quelques secondes plus tard, nous privant du bonheur d'observer son plumage châtoyant. Ce sera pour une prochaine fois. Encore sous l'effet de cette belle apparition, nous observons sous toutes ses coutures un Émeraude de Canivet (Canivet's Emerald) très collaborateur. Un mouvement dans le feuillage nous permet de trouver le seul Viréo à gorge jaune (Yellow-throated Vireo) du voyage.

Après le déjeûner, Stanley nous apprend que la route forestière est en trop mauvais état pour permettre le passage par autobus. Il se fait présentement beaucoup de transport de bois et les camions ont passablement brisé la route. Nous devons donc faire le chemin inverse, revenir sur Belize City et nous diriger ensuite vers San Ignacio. Même si nous ajoutons des heures de route, ça ne nous déplait pas trop, car nous passerons par des habitats intéressants.

Le Râle tacheté, rarement si bien observé. Photo Roch Bernier.Le premier est le site marécageux où nous nous accordons une dernière chance pour le Jabiru d'Amérique. À cet endroit, nous observons toutes les mêmes espèces que lors de notre passage du 1er mars avec en plus une grande surprise soit le Râle tacheté (Spotted Rail). C'est Jean Jacques qui trouve l'oiseau alors que l'autobus roule. C'est un vrai coup de chance que l'oiseau ait décidé de s'immobiliser presque à découvert. Tout le monde peut observer cette espèce très furtive sans avoir à quitter l'autobus. Parmi les autres espèces dignes d'intérêt: le Bihoreau gris (Black-crowned Night-Heron), le Chevalier solitaire (Solitary Sandpiper), le Bécasseau minuscule (Least Sandpiper) et le Pluvier kildir (Killdeer). Chemin faisant, les gros oiseaux sont à l'honneur puisque nous observons coup sur coup le Dindon ocellé (Ocellated Turkey), l'Ortalide chacamel (Plain Chachalaca) et le Grand Hocco (Great Curassow). Alors que nous transversons une zone de champs en culture, nous trouvons quelques Sturnelles des prés (Eastern Meadowlark) à différents endroits.

Après environ trois heures de route, nous faisons un arrêt pour le dîner dans un restaurant situé juste à côté de Monkey Bay, un site en bordure de la rivière Sibun. Nous accédons à la rivière en empruntant un chemin long de trois à quatre kilomètres, carrossable et sur fond de gravier. Comme c'est aujourd'hui dimanche, le bord de la rivière est déjà occupé par une quarantaine de locaux qui se baignent et qui mangent sur le gril. C'est la sortie dominicale et on a bien du plaisir. Nous préférons écourter notre petite visite et continuer notre chemin. De toute façon, il est prévu sur notre itinéraire que nous allons revenir à ce site, tôt en matinée, lors de notre retour sur Belize City. Nous en profitons quand même pour cocher deux nouvelles espèces pour le voyage: le Tangara à croupion rouge (Passerini's Tanager) et le Saltator des grands-bois (Buff-throated Saltator).

Un type d'habitation au Crystal Paradise. Photo Anne Déry.

 

Il est environ 16h00 lorsque nous arrivons au Crystal Paradise Lodge, situé près du village de Cristo Rey, lui-même à quelques kilomètres de San Ignacio. L'hôtel est situé à 93 mètres d'altitude, en bordure d'une belle rivière, la Macal River, et une tour a été aménagée pour permettre une vue stratégique sur le faîte des arbres tout autour. Plus de 265 espèces d'oiseaux ont été répertoriées sur la propriété de 21 acres. Ce domaine est exploité de père en fils par une famille bélizienne, la famille Tut (le terme "Tut" provient de la langue maya et veut dire "petit oiseau"). Jeronimo Tut est un des fils et il agit comme guide ornithologue local. Comme il y a déjà un autre groupe de 16 personnes sur le site à notre arrivée, il s'occupera de ce groupe, mais il nous garantit le service d'un de ses frères pour nous accompagner dans le Spanish Lookout où nous attend une belle suprise... à voir en temps en lieux...

 

Le temps de prendre possession de nos chambres et nous faisons une petite marche sur le domaine, jusqu'à la tour d'observation, avant le souper qui s'avère délicieux. Nous faisons le décompte des espèces observées dans la journée et malgré les heures de déplacement, nous totalisons 124 espèces pour la journée et nous en sommes à 257 espèces pour le voyage.

 

6 mars 2006 : Mountain Pine Ridge (Rio On, Rio Frio Cave (250 m) et Hidden Valley (625 m))

En plus de la beauté et de la quiétude de l'endroit, l'un des avantages non négligeable de demeurer au Crystal Paradise est la proximité relative de la région du Mountain Pine Ridge. Nous sommes aux portes de la réserve en moins de vingt minutes. En cette première journée, nous commençons par une marche sur le site entre 6h00 et 7h00. Alors que je sors de la douche, j'entends un sifflement bref et répétitif que j'associe immédiatement à la Chevêchette brune (Ferruginous Pygmy-Owl). Le temps de m'habiller et de sortir et l'oiseau est muet. J'émets quelques sifflements, mais sans succès. Jean Jacques a cependant eu le temps de l'apercevoir et il me confirme l'identité. Je me dis qu'on se reprendra bien demain matin, en sortant une quinzaine de minutes plus tôt.

Le Mountain Pine Ridge. Photo Anne Déry.

Après un très bon déjeûner, nous quittons pour Mountain Pine Ridge. L'hôtel nous prépare un box lunch, car nous passerons la journée entière dans ce grand parc. En route, nous observons pour la première fois le Vacher bronzé (Bronzed Cowbird) et Jean Jacques entend le Troglodyte modeste (Plain Wren), mais sans réussir à le voir.

Pour nous rendre à ce site, nous traversons une petite ville, San Antonio, et la végétation de bord de route est assez luxuriante. Dès que nous traversons la barrière de contrôle qui donne accès au site, l'habitat devient alors plutôt monotone et nous voyons les mêmes images se répéter sur des kilomètres et des kilomètres. L'arbre vedette dans ce milieu plutôt aride est le pin. La photo de gauche montre bien à quoi peut ressembler le paysage. C'est certain que la variété animale n'est pas très grande, mais les espèces sont différentes et on ne sait jamais. Ces grands espaces rendent facile les observations des maîtres de l'air que sont les Sarcoramphe roi (King Vulture), Milan à queue fourchue (Swallow-tailed Kite) et Martinet à collier blanc (White-collared Swift).

 

Les chutes du Rio On. Photo Anne Déry.À intervalles réguliers, nous traversons plusieurs très belles rivières et nous nous arrêtons quelques minutes auprès de certaines pour nous délier les jambes et pour fouiller la végétation qui est toujours plus abondante et diversifiée près de ces cours d'eau. Le premier arrêt se fait à Rio On où nous observons de très près un Viréo plombé (Plumbeous Vireo), espèce reconnue distincte du complexe du Viréo à tête bleue (Solitary Vireo). On trouve aussi nos premiers Calliste à coiffe d'or (Golden-hooded Tanager) et Guit-guit émeraude (Green Honeycreeper) à cet endroit.

Nous en profitons aussi pour faire une petite photo, avec les chutes du Rio On en arrière plan. Première rangée: Laval Roy, Jean Guy Picard. 2ième rangée: Josann L'Heureux, Daniel Barrette, Andrée Desjardins et Johanne Barrette.

 

 

Jean Jacques assis sur le toit de l'autobus. Photo Laval Roy.

Notre site majeur d'observation ce matin est le Rio Frio Cave. Un parc visité surtout pour sa grotte peu profonde, mais haute, et le site enchanteur. La rivière ici est très calme et la végétation en bordure de l'eau est belle et variée. Même si nous profitons en demi-journée de la proximité de la rivière pour prendre notre goûter, nous nous attardons d'abord dans un sentier très bien aménagé. Je dirais que ce site est une vraie mine d'or pour l'observation des grimpars. Nous y observons, certains en plusieurs exemplaires, les Grimpar roux (Ruddy Woodcreeper), Grimpar à ailes rousses (Tawny-winged Woodpecker),  Grimpar à bec ivoire (Ivory-billed Woodcreeper) et Grimpar bec-en-coin (Wedge-billed Woodcreeper). Une surprise de belle taille nous attend alors qu'un Platyrhynque à bec court (Eye-ringed Flatbill) vient se percher bien en vue devant tout le groupe et à la hauteur des yeux. Cette espèce se tient habituellement dans la canopée et sa couleur la rend presque invisible parmi toutes les teintes de vert du feuillage. Contre toute attente, un Grand Tinamou (Great Tinamou) traverse le sentier devant le groupe et la plupart ont le temps de mettre la jumelle dessus alors qu'il s'éloigne lentement dans le sous-bois. Nous avons moins de chance un peu plus loin avec le Smaragdan émeraude (Green Shrike-Vireo) qui, comme il le scande si bien dans son cri " Ne-ver-come-down ", s'obstine à rester bien haut dans le feuillage. Après un excellent pique-nique, nous quittons en direction d'un autre parc, le 1000 feet Falls, dans la Hidden Valley. Jean Jacques s'installe bien confortablement sur le toit du véhicule afin d'avoir une meilleure vue sur l'ensemble du paysage et d'entendre tous les sons qui pourraient trahir la présence des oiseaux. Chemin faisant, ce stratagème lui permet de localiser un couple de Tangaras orangés (Hépatic Tanager).

À cause des pluies des derniers jours (avant notre arrivée, car il ne pleuvra pas durant tout notre séjour), la route en gravier est en mauvais état et Stanley nous démontre tous ses talents de chauffeur. Il sait contourner les grosses crevasses et il évite qu'on s'enlise à quelques reprises. Même si la route n'est pas très belle pour se rendre à ce site, il vaut tous les efforts pour y accéder. Même si nous ne sommes pas excessivement haut, à 625 m d'altitude, la végétation est plus variée et nous nous sentons plus dans une forêt tropicale. L'espèce-vedette de l'endroit est le Faucon orangé (Orange-breasted Falcon), le falconidé le plus diffile à voir en Amérique Centrale et il est nicheur à cet endroit. Dans l'attente du Faucon orangé. Photo Laval Roy.

Sur la photo de gauche, nous voyons la plate-forme sur laquelle on s'installe pour avoir une vue imprenable sur le 1000 feet falls (qui en réalité est haute de 1600 pieds ???). Nous arrivons à cet endroit à 15h30 et le gardien de l'endroit (à l'extrême gauche de la plate-forme sur la photo) nous dit que l'oiseau devrait venir se percher au-dessus de la chute vers les 16h00. Nous prenons le tout avec un grain de sel, mais nous ne nous éloignons pas trop de l'endroit. Et voilà qu'avec dix minutes d'avance, l'oiseau vient se percher exactement à l'endroit où le gardien l'avait dit. Nous mettons la lunette sur l'oiseau et nous pouvons tous nous délecter de cette observation privilégiée. Une fois l'émotion passée, nous nous attardons maintenant aux autres espèces qui fréquentent cette altitude et cet habitat particulier. Et voilà que les espèces espérées se matérialisent devant nous comme par magie: la Paruline de Grace (Grace's Warbler), la Ariane à couronne azure (Azure-crowned Hummingbird), le Sporophile grand-chanteur (Yellow-faced Grassquit), le Chardonneret à tête noire (Black-headed Siskin) et la Paruline à calotte rousse (Rufous-capped Warbler). Nous quittons le site vers les 17h00 et nous arrivons à l'hôtel à 18h30. C'est sûrement notre plus longue journée du voyage, mais ça valait vraiment la peine.

Nous bouclons la journée avec 96 espèces et nous en sommes à 278 espèces pour le voyage. Une nouvelle espèce est observée sur le site de l'hôtel par Serge Richard, soit la Tourterelle à ailes blanches (White-winged Dove).

 

7 mars 2006 : Mountain Pine Ridge (425 m) et le site maya de Caracol (450 à 500m)

 

Une Chevêchette brune à quelques pas de notre chambre. Photo Roch Bernier.

Ce matin, je me lève avec l'idée de repérer la Chevêchette brune (Ferruginous Pygmy-Owl) qui s'était laissée entendre et même voir la veille au matin. Comme c'était prévu, elle émet ses sifflements répétitifs environ une demi-heure avant le lever du soleil. Muni de mon gros "spot", je fais le tour lentement du domaine, mais sans résultat. Elle ne chante plus et elle devient alors introuvable. Et voilà que quelqu'un la repère... à 2 pas de ma chambre. J'avais fait le tour bien grand pour finalement l'observer tout près de mon point de départ. Tous les ornithologues présents poussent des cris d'admiration quand ils regardent le petit strigidé à travers la lunette d'approche. Comme c'est normal dans le cas de cette espèce, elle reste très longtemps perchée, bien en vue, à scruter les environs. Les chevêchettes sont observées très souvent en plein jour et elles n'hésitent pas à chasser pour attraper des gros insectes. Et c'est vrai dans tous les pays du monde où ces petites chouettes se retrouvent. J'ai eu l'occasion d'en observer en Amérique centrale,  en Amérique du Sud, dans les Grandes Antilles, en Afrique, en Europe et en Asie.

Après un appétissant déjeûner, nous entassons dans l'autobus les conteneurs pour le pique-nique et nous partons en direction du Mountain Pine Ridge et du site maya de Caracol.  Peu de temps après avoir franchi la barrière de la réserve, voilà que Jean Jacques repère une Chevêchette brune (Ferrugineous Pygmy-Owl) perchée sur une branche cassée qui dépasse d'un tronc sec. Décidément, le truc était d'en voir une première ! Quelques minutes plus tard, Jean Jacques fait encore arrêter l'autobus, car il a cru voir un gros bruant passer en vol et disparaître dans l'enchevêtrement des branches d'un arbuste en bordure de chemin. Comme l'alerte semble sérieuse, nous débarquons tous et nous encerclons l'endroit où l'oiseau a disparu quelques secondes auparavant. Nous scrutons attentivement le tas de branches et voilà qu'une silhouette d'oiseau se dessine. Nous pouvons discerner la tête, assez pour voir les détails qui permettent d'identifier le Bruant roussâtre (Rusty Sparrow), l'espèce à voir dans cet habitat particulier. Alors que nous sommes tous occupés à observer l'oiseau avec le même angle, Jean Jacques a fait le tour de l'arbuste et il voit très bien l'oiseau dans une éclaircie. Nous le rejoignons et l'oiseau ne bouge pas d'une plume, tellement convaincu qu'il est invisible à nos yeux.

Le site de Caracol reconstitué avec la grosse pyramide de Canaa, à droite, où se faisaient les sacrifices aux dieux . Photo Anne Déry.Il est 9h00 lorsque nous arrivons au site maya de Caracol. Un centre d'interprétation nouvellement aménagé nous présente une maquette à l'échelle du site, avec toutes ses structures faites de grosses pierres.  150 000 habitants y résidaient à son apogée. Une pyramide de 42 m de haut (temple de Canaa) donne la mesure du chantier. Des terrains de jeux de balle, des stèles, des palais, on en a plein les yeux, il fait beau, le ciel est bleu mur à mur, la végétation est dense et les oiseaux sont présents.

Nous accédons au site par un sentier large et bien entretenu. Sur la maquette, on pourrait le situer aux environs du chemin qui arrive sur le centre gauche de la photo. Quand nous quittons la forêt assez dense et que nous débouchons sur le site à ciel ouvert, nous sommes tout simplement estomaqués à la vue de cette masse de roches qu'est le temple de Canaa. C'est du haut de ce temple que des animaux et des hommes étaient sacrifiés aux dieux. La forêt environnante est de type primaire et les gros arbres sont légions. Tout de suite en arrivant sur le site, un Faucon des chauves-souris (Bat Falcon) est assis sur une branche nue, au faîte d'un grand arbre.  Une Buse à queue courte (Short-tailed Hawk) de forme claire passe en vol, exécute quelques cercles au-dessus de nous et continue sa route vers la forêt. Nous explorons différents sentiers tout autour du site et nous faisons de très belles découvertes: Toucanet émeraude (Emerald Toucanet), Pic à bec clair (Pale-billed Woodpecker), Grimpar vermiculé (Northern Barred Woodcreeper), Grisin étoilé (Dot-winged Antwren), Pipromorphe à tête brune (Sepia-capped Flycatcher), Troglodyte zoné (Band-backed Wren), Paruline vermivore (Worm-eating Warbler), Tangara à gorge noire (Black-throated Shrike-Tanager), Cardinal à ventre blanc (Black-faced Grosbeak) et Oriole à gros bec (Altamira Oriole). En plein midi, nous gravissons les marches qui mènent au sommet du Canaa. Nous entendons de là-haut le Pigeon à bec noir (Short-billed Pigeon). Ce site est réputé pour abriter le Motmot à bec caréné (Keel-billed Motmot), mais il sera le grand absent de cette sortie. Nous entendrons un peu plus tard le Tamatia de Lafresnaye (White-whiskered Puffbird) et le Merle à gorge blanche (White-throated Robin), mais sans les voir. Nous quittons le site vers les 15h30.

Sur le chemin du retour, nous observons une Petite Buse (Broad-winged Hawk) et un Moucherolle noir (Black Phoebe). Le Viréo plombé (Plumbeous Vireo) et le Tangara orangé (Hepatic Tanager) seront également revus en dehors du site.

Nous finissons cette journée avec 96 espèces et nous en sommes à 285 pour le voyage.

 

8 mars 2006 : Spanish Lookout et Mountain Pine Ridge

Cette dernière journée dans la région commence très bien alors que le duo le plus fouineux que je connaisse, soit les 2 Monique (Berlinguette et Maheu), surprend un Passerin nonpareil (Painted Bunting) dans le sentier qui mène à la rivière Macal. Malgré d'intenses recherches par d'autres membres du groupe, cette espèce restera introuvable par la suite. Ainsi va l'ornithologie: être au bon endroit au bon moment. Qu'à cela ne tienne, nous partons tous après le déjeûner, accompagné par le frère de Jeronimo, à la recherche du tant désiré Jabiru d'Amérique (Jabiru). Pour ce faire, nous devons faire une heure de route pour aboutir un peu plus au nord, dans le Spanish Lookout. Il faut vraiment connaître le coin, car nous empruntons un dédale de routes de campagne secondaires pour arriver à un lieu où ne peut entrer qui veut. La présence de notre guide local nous permet ce privilège. En cours de route, nous ne pouvons manquer toutes ces espèces qui apparaissent de nulle part à notre plus grand contentement: Buse grise (Gray Hawk), Faucon pélerin (Peregrine Falcon), Crécerelle d'Amérique (Americn Kestrel) et Macagua rieur (Laughing Falcon).

Habitat idéal pour trouver un nid de jabiru. Photo Anne Déry.Nous arrivons finalement au bout d'un chemin de terre où une grande barrière bloque le chemin. Nous quittons l'autobus et nous apercevons un milieu humide à environ un kilomètre. De cet endroit, à l'aide de nos lunettes d'approche, nous pourrions déja voir un immense arbre où un nid de jabiru est bien plaqué dans une grosse fourche. Mais nous préférons tous nous approcher pour fouiller les environs. En marchant vers le marécage, nous entendons ou voyons les Paruline masquée (Common Yellowthroat), Viréo des mangroves (Mangrove Vireo), Colombe rousse (Ruddy Ground-Dove). Un Milan des marais (Snail Kite) survole le plan d'eau au loin. Il est bientôt suivi par un Anhinga d'Amérique (Anhinga) et par plusieurs espèces d'ardéidés. Ça promet énormément.

Nous arrivons bientôt au niveau du marécage et quelle n'est pas notre surprise de voir apparaître un petit râle qui marche nerveusement sur les herbes qui flottent sur l'eau. Mon premier Râle roux (Ruddy Crake) à vie est là devant nous à à peine dix mètres. J'ai même le temps de mettre mes jumelles dessus pour voir la tête grise et le corps roux. Il s'envole sur une courte distance pour disparaître dans la végétation épaisse qui borde le rivage. Nous sommes maintenant en face du nid et voici ce qu'on peut voir:

 

Le nid de jabiru à l'oeil nu. Photo Anne Déry.            2 adultes et 2 juvéniles en digiscopie. Photo Laval Roy.

 


Cet endroit nous permet des belles observations sur les oiseaux fréquentant les milieux humides: un Milan des marais (Snail Kite) sur son nid, un Onoré du Mexique (Bare-throated Tiger-Heron) en vol, un Dendrocygne à ventre noir (Black-bellied Whistling-Duck) perché confortablement sur une grosse branche morte, plusieurs anhingas perchés ou en vol, un Martin-pêcheur à ventre roux (Ringed Kingfisher)... En revenant sur nos pas, nous entendons un râle et en lui faisant rejouer son chant, nous nous apercevons qu'il y en a au moins trois qui se répondent. Juste avant de quitter, Suzanne Labbé débusque une Tourterelle triste (Mourning Dove).

Nous retournons au Crystal Paradise pour le repas du midi et nous repartons vers les 15h00 pour une dernière virée dans la réserve du Mountain Pine Ridge. Nous nous arrêtons le long de la route où la végétation est la plus luxuriante, mais il fait trop chaud et c'est très tranquille. Un Guiraca bleu (Blue-black Grosbeak), bien camouflé en arrière d'un mètre de feuilles, nous ravit par son beau chant. Même après avoir passé la barrière de la réserve, c'est super tranquille. En fait, ce sera peut-être notre sortie la plus tranquille de tout le voyage. Le jour tire à sa fin lentement et Jean Jacques décide d'aller marcher dans un sentier qui s'avance dans une forêt plus compacte. C'est le bon choix, car nous rencontrons un petit groupe de passereaux qui s'activent dans les pins. Parmi eux, nous découvrons la Paruline de Grace (Grace's Warbler) et la Paruline obscure (Tennessee Warbler). Un moucherolle haut perché nous confirme son identité en ébouriffant deux zones emplumées  près de son croupion: le seul Moucherolle à côté olives (Olive-sided Flycatcher) du voyage. Un peu plus loin, nous rencontrons un petit groupe familial de Guiraca bleu (Blue Grosbeak). Si les immatures ont jeté un peu de circonspection parmi les observateurs, la vue du mâle met un point final à toute controverse. Nous quittons sous les sifflements d'un Grand Tinamou (Great Tinamou).

La liste quotidienne fait état de 115 espèces pour la journée et nous en sommes à 290 pour le voyage.

 


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Vers Caye Caulkersuite du voyage vers Caye Caulker



© 2006 Laval Roy