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par Laval Roy


Crooked Tree et le Sam Tillet's

 

 

26 février : de Dorval à Fort Worth TX, à Belize city BE et à Crooked Tree.

 

Ce sont les ailes d’American Airlines qui nous amènent de Dorval à Belize city en passant par Fort Worth, Texas.  Comme c’est souvent le cas avec les compagnies aériennes américaines, les départs, les arrivées et les vols de connexion sont tous à l’heure. Et ce, malgré les mesures de sécurité renforcées dans les aéroports américains.

Comme il y a peu de nuages dans le ciel, nous avons la chance d’observer la portion nord-est du Bélize à partir de l’avion. Ce qui frappe d’abord, c’est la vaste étendue plane qui s’offre à nos yeux. On se croirait presque au-dessus des Everglades à un moment donné. Peu de dénivellation, beaucoup de points d’eau, de marécages, une végétation basse et la rareté des habitations et des routes. En fait, nous voyons bien des longs lacets pâles qui découpent la végétation sur plusieurs kilomètres, mais on se demande pourquoi des routes auraient cette couleur. Plus on baisse en altitude et plus on se rend compte que ce sont bien des routes qui réunissent des petits patelins de quelques maisons. Vues des airs, elles paraissent presque blanches parce que le fond est en sable ou en terre poussiéreuse. Les arbres qui poussent dans ces milieux humides n’atteignent pas des hauteurs très grandes et, à 1000 mètres d’altitude, on croirait voir seulement des bosquets. Il y a beaucoup de palmiers, de pins, de chênes, de campêches et d’anacardiers (ou pommiers d’acajou). On trouve plusieurs autres essences propres aux tropiques dont le « achiote », cet arbre dont les indiens écrasaient les graines pour en extirper une substance servant au maquillage lors des cérémonies tribales.

L’atterrissage se fait sans anicroche, à un aéroport situé à quinze minutes de route de la plus grande ville du Bélize, Belize city. La première espèce à se laisser observer, alors que nous sommes encore assis dans l’avion, est une Buse à queue blanche (White-tailed Hawk) qui chasse dans les herbes longues, en bordure de piste. Ensuite, un Quiscale à longue queue (Great-tailed Grackle ) est bien perché près de la porte d’entrée de l’aérogare et il salue, par des cris stridents, toute personne qui s’en approche. Après les formalités de douanes et la récupération des bagages, nous retrouvons notre guide-accompagnateur Jean Jacques Gozard qui nous accueille à l’extérieur avec notre chauffeur, Stanley.  En attendant que les bagages soient tous chargés à l’intérieur de l’autobus, quoi de plus exhaltant que d’observer un magnifique mâle de Moucherolle vermillon (Vermilion Flycatcher), le premier de notre voyage.

en route vers Crooked TreeNotre première destination est le parc national de Crooked Tree où nous passerons les trois prochaines nuits dans le petit village du même nom, situé dans le parc, sur un îlot entouré de mangroves et de lagunes. Comme nous sortons de l’aéroport vers les 16h00 et que nous avons 1h30 de route à faire, nous  nous dirigeons lentement vers notre première auberge et nous prenons le temps de cocher en route. Et les belles espèces se succèdent à un rythme accéléré. Parlez-en aux nouveaux du groupe qui en sont à leur premier voyage sous les tropiques. En cours de route, ils auront l’occasion d’observer une vingtaine de lifers, bien assis confortablement à bord de l’autobus. Les espèces d’intérêt : Tyran des savanes (Fork-tailed Flycatcher), Jacana du Mexique (Northern Jacana), Hirondelle des mangroves (Mangrove Swallow), Ani à bec cannelé (Groove-billed Ani), Moqueur des savanes (Tropical Mockingbird), Geai enfumé (Brown Jay), Conure aztèque (Olive-throated Parakeet ), Amazone à front blanc (White-fronted Parrot), Pigeon rousset (Pale-vented Pigeon ), Colombe rousse (Ruddy Ground-Dove), Martin-pêcheur à collier (Ringed Kingfisher), Martin-pêcheur vert (Green Kingfisher), Sporophile à col blanc (White-collared Seedeater)…

Ce qui me frappe de ce pays que je visite pour la première fois, c’est le peu de gens rencontrés le long de la route, le peu d’habitations, le peu de circulation sur les routes et la propreté des lieux. Il y a bien sûr quelques détritus ou des carcasses rouillées de machinerie à de rares endroits, mais les gens semblent plus conscients de l’environnement qu’au Costa Rica ou au Panama. Il faut dire aussi que le peu de gens peut facilement expliquer le peu de détritus.

Ce que j’avais deviné du haut des airs se confirme sur le plancher des vaches. La végétation est basse, on voit des points d’eau partout et l’endroit est riche en oiseaux aquatiques, en moucherolles de tous genres, en hirondelles, en rapaces… C’est excitant d’être là et d’avoir la chance de découvrir toutes ces richesses. Jean Jacques Gozard, en plus d’être un ornithologue accompli, est aussi un généraliste qui connaît les plantes, les insectes et les animaux, et il peut également nous entretenir de l’histoire du pays et des cultures différentes des hommes qui composent sa population. C’est un côté toujours très intéressant pour nous qui n’avons pas le temps de tout apprendre ou de tout lire avant de visiter un nouveau pays. 

La voie pavée est belle et rectiligne. C’est donc sans trop d’histoires que nous voyons défiler les kilomètres de route qui nous séparent du Sam Tillet’s, notre première auberge. Au bout d’environ une heure, nous quittons la route principale pour nous diriger vers Crooked Tree. Le soleil se couche lentement sur notre gauche et nous nous retrouvons dans un milieu très marécageux. Comme nous sommes assis haut dans l’autobus, nous pouvons voir par-dessus les arbustes qui longent le chemin et nous découvrons bientôt des espèces peu communes pour des nordiques comme nous : Courlan brun (Limpkin), Ibis blanc (White Ibis), Milan des marais (Snail Kite), Talève violacée (Purple Gallinule), Râle de Cayenne (Grey-necked Wood-Rail) ,  …et nos premiers Gobemoucheron gris-bleu (Blue-gray Gnatcatcher). Comme la clarté tombe assez rapidement, nous nous dirigeons vers le Sam Tillet’s où nous sommes accueillis vers les 18h15. L’endroit est assez rustique, mais les chambres sont grandes et nous sommes situés en plein cœur du village. Avant le souper, nous dégustons une bière en entendant l'Engoulevement pauraque (Pauraque) tout proche, les trilles délicats du Crapaud géant ou Crapaud marin (Bufo marinus) qui font penser à celles du Petit-Duc vermiculé (Vermiculated Screech-Owl) et les cris « de mort » des courlans qui ne cessent de hurler pendant toute la nuit . Notre première liste commune fait état de 44 espèces.

 

27 février :  visite des lagunes de Crooked Tree en AM  et  Trogon Trail en PM

Crooked Tree NP
 Les 16,400 acres de zone marécageuse, constitués de lagunes, de canaux d'eau et de mangroves fournissent l'habitat idéal pour plusieurs centaines d'espèces d'oiseaux résidentes ou migratrices, ceci tout au long de l'année. La réserve a d'abord été établie par la Société Audubon du Bélize pour protéger le plus fameux de ses résidents, le Jabiru d'Amérique (Jabiru). C'est le plus gros oiseau volant de l'hémisphère occidentale, avec une envergure d'ailes de près de trois mètres.  Une multitude d'autres espèces d'oiseaux, environ 285, utilisent ce sanctuaire pour se nourrir et se reposer durant la saison sèche. Après une pluie, des milliers de minuscules batraciens (pas plus de trois cm de long) semblent tomber littéralement du ciel. Ils deviennent alors une proie facile pour les ardéidés qui pullulent à cet endroit.

Deux variétés de canards, le Dendrocygne à ventre noir (Black-bellied Whistling-Duck) et le Canard musqué (Muscovy Duck), nichent dans les arbres bordant les marécages. Toutes les 5 espèces de martin-pêcheurs sont résidentes dans ce parc et nous pouvons observer le Balbuzard pêcheur (Osprey) et la Buse à tête blanche (Black-collared Hawk) plonger pour attraper les poissons. Les foulques et les poules-d'eau sont des proies de choix pour le Faucon pèlerin (Peregrine Falcon) qui maraude continuellement les environs.Une autre espèce locale et très facile à observer est le Milan des marais (Snail Kite). C'est un oiseau de proie de taille moyenne qui utilise son bec fin et crochu afin d'extirper les escargots de leur coquille.

 

Les 2 chaloupes à moteur. Photo Anne Déry.Notre première excursion à Crooked Tree consiste à prendre deux chaloupes à moteurs et à patrouiller les multiples canaux qui entourent le village. Nous partons vers les 8h00 du matin et nous revenons trois heures et demie plus tard. Jamais nous ne trouverons l'expérience ennuyante. Il y a toujours une nouvelle observation qui survient pour garder notre taux d'adrénaline à un niveau très agréable. L'eau est calme, peu importe l'importance du plan d'eau, et la variété d'espèces est là. Il y a cependant peu de limicoles, les vasières sont quasi inexistantes en raison du niveau d'eau trop élevé. Ce facteur anéantira d'ailleurs nos chances de trouver un Martin-pêcheur nain (American Pygmy-Kingfisher). Mais il reste amplement d'autres espèces pour combler leurs absences: l'Anhinga d'Amérique (Anhinga), le Savacou huppé (Boat-billed Heron), le Bihoreau violacé (Yellow-crowned Night-Heron), toutes les espèces d'aigrettes, la Sarcelle à ailes bleues (Blue-winged Teal),  l'Ibis falcinelle (Glossy Ibis) et la Sterne caspienne (Caspian Tern). Les belles trouvailles de cette demie journée comprennent le Vanneau téro (Southern Lapwing), espèce sud américaine qui a envahi le Costa Rica au cours des cinq dernières années et qui vient d'apparaître au Bélize. En fait, nous assistons en direct aux premières mentions de l'espèce aussi au nord en Amérique centrale. La Buse à tête blanche (Black-collared Hawk) est une espèce associée aux milieux humides et elle niche à Crooked Tree depuis bon nombre d'années. Nous avons la chance de l'observer sur son nid et nous la surprenons un peu plus tard sur son terrain de chasse. Les rapaces aiment bien se percher dans les arbres qui bordent les canaux et c'est ainsi que nous observons de très près un Faucon des chauves-souris (Bat Falcon), une Buse urubutingua (Great Black-Hawk)  et une Buse à gros bec (Roadside Hawk). Il faut toujours jeter un deuxième regard sur les urubus, car l'Urubu à tête jaune (Lesser Yellow-headed Vulture) est ici fréquent. Nous pouvons réaliser de très belles observations à des courtes distances. Le jaune de la tête n'est pas toujours facile à distinguer et il faut se rabattre sur le dessus très pâle des rachis des primaires pour au moins repérer les individus parmi les autres espèces d'urubus.

  Les labyrinthes des lagunes. Photo Anne Déry.
Nos chaloupes circulent dans des canaux qui forment de véritables labyrinthes. Les plantes aquatiques envahissent la surface progressivement et les conducteurs doivent être très expérimentés pour ne pas que les pales des moteurs ne s'empêtrent dans toute cette végétation. De notre côté, il faut être continuellement en alerte si on ne veut pas manquer l'oiseau ou l'animal qui se cache juste de l'autre côté du prochain détour. Et les surprises ne viennent pas que des oiseaux exotiques. Un "chip" se fait entendre à un moment donné et Jean Jacques dit "un cardinal". Je pense tout de suite au Paroare rougecap (Red-capped Cardinal), un oiseau sud-américain qui fréquente ces habitats très humides, mais je me dis aussi rapidement qu'il ne se trouve pas en Amérique centrale. De quel cardinal parle-t-il donc ?  Et oui, le Cardinal rouge; NOTRE Cardinal rouge (Northern Cardinal). Je n'aurais jamais pensé qu'il pouvait fréquenter cet habitat là. Nous le rencontrerons un peu partout ailleurs au Bélize, aussi bien dans les marécages qu'en montagne et il est très vocal. En tous points identique à celui qui se présente par grands froids à notre mangeoire à Sillery.  Par la suite, nous touchons terre et nous quittons nos embarcations pour nous délier les jambes. Nous avons la chance d'observer un Synallaxe à poitrine rousse (Rufous-breasted Spinetail), habilement attiré par l'enregistrement de son chant. À bord de nos embarcations, nous sommes très bien placés pour observer une bonne gamme d'oiseaux forestiers parmi lesquels le Piaye écureuil (Squirrel Cuckoo), l'Euphone à gorge jaune (Yellow-throated Euphonia), le Tangara à gorge rouge (Red-throated Ant-Tanager), le Saltator gris (Grayish Saltator), le Cassique à bec jaune (Yellow-billed Cacique), l'Oriole à queue jaune (Yellow-tailed Oriole), l'Oriole à capuchon (Black-cowled Oriole), l'Oriole masqué (Hooded Oriole) et l'Oriole des vergers (Orchard Oriole).

Nous revenons diner au Sam Tillet's vers midi. Lors de la petite marche qui sépare l'hôtel du bord de l'eau, nous avons la chance de cocher plusieurs espèces nouvelles dont le Pigeon à bec rouge (Red-billed Pigeon), la Colombe à front blanc (White-tipped Dove), l'Amazone diadème (Red-lored Parrot), l'Ariane cannelle (Cinnamon Hummingbird) qui s'avérera la 1000ième coche à vie pour Anne, le Todirostre familier (Common Tody-Flycatcher), l'Élénie verdâtre (Greenish Elaenia), le Viréo des mangroves (Mangrove Vireo), l'Hirondelle chalybée (Gray-breasted Martin), le Troglodyte à poitrine tachetée (Spot-breasted Wren), la Paruline à croupion jaune (Yellow-rumped Warbler) et la Paruline à gorge jaune (Yellow-throated Warbler).

Vers les 14h30, nous quittons l'hôtel pour nous diriger à pied dans le village et nous empruntons bientôt une petite route qui s'appelle le Trogon Trail. La vie dans ce petit village est plutôt calme et notre présence ne semble pas trop affecter les locaux. Les gens de l'endroit sont habitués à voir déambuler des touristes affublés de jumelles autour du cou. Nous passons donc inaperçus et ça nous permet de nous concentrer davantage sur les oiseaux. Nous sommes encore dans le village quand nous apercevons notre premier Pic du Yucatan (Yucatan Woodpecker). Nous l'observons de près et nous pouvons remarquer sa taille inférieure au très semblable Pic à front doré (Golden-fronted Woodpecker), ainsi que son bec plus court et plus fin. Quelques pas plus loin, nous découvrons un magnifique mâle de Bécarde à gorge rose (Rose-throated Becard) qui, contrairement à la sous-espèce costaricienne, arbore bien cette couleur qui lui vaut son nom. Le rose n'est visible que sur la sous-espèce au nord du Bélize, déjà celle du sud présente peu ou pas de rose. À mesure que nous nous éloignons des limites du village, nous traversons différents habitats.

habitat sur Trogon Trail. Photo Anne Déry.Nous arrivons bientôt dans un milieu où abondent les pins et les chênes, des espèces forestières qui poussent bien dans des milieux sablonneux et arides. Cette succession d'habitats nous procure des belles surprises dont le Geai du Yucatan (Yucatan Jay), l'Ortalide chacamel (Plain Chachalaca), le Moqueur noir (Black Catbird), l'Amazone à tête jaune (Yellow-headed Parrot), l'Émeraude de Canivet (Canivet's Emerald), le Pic ouentou (Lineated Woodpecker), l'Élénie à ventre jaune (Yellow-bellied Elaenia), le Moucherolle cendré (Tropical Pewee), le Tyran du Yucatan (Yucatan Flycatcher), le Tyran de Couch (Couch's Kingbird),  le Tityre à tête noire (Black-crowned Tityra), le Sourciroux mélodieux (Rufous-browed Peppershrike), la Paruline à capuchon (Hooded Warbler), le Tangara évêque (Blue-gray Tanager), le Passerin indigo (Indigo Bunting), le Sicale des savanes (Grassland Yellow-Finch) et le Quiscale chanteur (Melodious Blackbird). Comme la brûnante approche, nous voyons apparaître une petite bande d'Engoulevents minimes (Lesser Nighthawk) qui patrouillent incessamment le ciel, becs grand ouverts,  engouffrant des milliers d'insectes.

Nous bouclons cette première journée complète au Bélize avec 118 espèces pour la journée et 123 au cumulatif.

 

28 février :  Trogon Trail en AM  et  Limpkin Trail en PM

Après le déjeûner, nous partons vers les 8h00, pour une randonnée à pied qui nous mènera encore un peu plus loin sur la Trogon Trail. Nous avons bien aimé l'expérience d'hier en fin d'après-midi et nous voulons explorer le site dans la fraîcheur du matin. Il fait beau et les oiseaux sont vocaux. Alors que nous sommes encore dans le village, nous apercevons un Canard musqué (Muscovy Duck) qui passe en vol. Malheureusement, il ne sera aperçu que par quelques personnes du groupe. Ensuite, un Onoré du Mexique (Bare-throated Tiger-Heron) nous fait un bien beau cadeau alors qu'il est perché, bien à découvert, sur une grosse branche basse d'un arbre immense. On l'observe à loisir à la lunette. Les rapaces sont à l'honneur alors qu'on observe trois Buses à gros bec (Roadside Hawk) qui semblent former un clan familial, la Buse à queue blanche (White-tailed Hawk) et une Buse grise (Gray Hawk) bien perchée près d'un champs humide. Les trois urubus (à tête rouge, noir et à tête jaune) nous gratifient de leur passage régulier. Un peu plus loin, nous croisons notre premier Milan bleuâtre (Plumbeous Kite) du voyage. Plus tard, en fin d'après-midi, c'est un Macagua rieur (Laughing Falcon) qui viendra compléter le tableau des rapaces en faisant résonner son cri si particulier.

birding le long de Trogon Trail. Photo Anne Déry.

Tout comme la veille, nous traversons différents habitats et nous avons la chance d'observer plusieurs groupes d'oiseaux commensaux (feeding flock). Nos parulines québécoises sont bien représentées avec les obscure, à collier, à tête cendrée, jaune, à calotte noire, à gorge noire, flamboyante, noir et blanc, verdâtre, à croupion jaune, des ruisseaux et masquée. Et nous pouvons ajouter des espèces rarement observées chez nous comme la capuchon, la gorge jaune et la Kentucky. C'est une expérience qui me plaît beaucoup. Les pics sont aussi très présents parmi tous ces chênes. Le maître des lieux est sans contredit le Pic glandivore (Acorn Woodpecker) qui s'observe partout.  Au Costa Rica, cette espèce est plus confinée aux altitudes de 2000 m et plus. Ici, on la retrouve autant au niveau de la mer qu'en altitude. Nous avons la chance aussi de surprendre le gros Pic ouentou (Lineated Woodpecker), une version légèrement plus petite de notre Grand Pic (Pileated Woodpecker).

Au point de vue de la température, c'est très bien même si le ciel est plutôt couvert. Il ne vente pas et, surtout, il ne pleut pas. La température se tient aux environs de 25° Celsius, avec un degré d'humidité d'environ 80%. Plus que ça aurait été trop chaud et oppressant. Même si nous nous retrouvons en milieux ouverts, nous nous sentons très à l'aise pour marcher entre quatre et cinq kilomètres par demi-journée (distance confirmée par le podomètre de Serge Richard !!!). Il est vrai que la vitesse de croisière d'un ornithologue moyen, sous les tropiques, se situe entre 0.5 et un km par heure. Difficile, voire impossible, d'aller plus vite.

Pour la sortie en après-midi, Jean Jacques nous propose une bonne marche du côté opposé à la Trogon Trail. Nous nous dirigeons donc vers des milieux plus humides, vers la route d'où nous sommes arrivés le 26 février. Chemin faisant, nous observons un couple de Moucherolle vermillon (Vermilion Flycatcher) et nous réalisons que la femelle se rend sur un nid que le couple est en train de construire. À l'entrée du village, sur le bord de la rivière, nous nous arrêtons à la bâtisse qui accueille les visiteurs qui viennent observer la nature au Parc National Crooked Tree. Juste comme nous arrivons, une Buse à tête blanche (Black-collared Hawk) passe lentement en vol. De cet endroit, nous pouvons apercevoir une bonne partie des espèces cochées lors de notre arrivée deux jours plus tôt. À quelques cent mètres, nous empruntons un sentier, le Limpkin trail (judicieusement nommé car un courlan se tient justement en bordure de l'eau et près de l'entrée du sentier lors de notre arrivée). Ce sentier assez étroit ne nous amènera pas de surprise comme tel, mais il permet une visite d'un très bel habitat de forêt riparienne. De plus, le sentier suit une très belle rivière très tranquille où on aurait pu trouver le seul martin-pêcheur qui nous a échappé dans ce voyage, le Martin-pêcheur nain (American Pygmy Kingfisher).

Le soleil est plus présent que le matin et notre marche est plus ardue. Même si nous ajoutons peu de nouvelles espèces, l'intérêt reste aussi grand et nous observons tout ce qui bouge. La toujours très efficace Monique Berlinguette repère l'oiseau de la sortie quand, en bordure de la digue qui enjambe la lagune, elle débusque une magnifique Paruline polyglotte (Yellow-breasted Chat). Malgré sa taille et sa poitrine jaune, l'oiseau n'est pas évident à retrouver parmi les branches entremêlées des arbustes. Une très belle observation d'un deuxième Synallaxe à poitrine rousse (Rufous-breasted Spinetail) en deux jours me réjouit particulièrement. Cet oiseau très coloré est d'une grande beauté. 

Avant le souper, vers les 18h30, nous convenons, Jean Jacques et moi, que c'est le moment approprié pour aller montrer l'Engoulevent pauraque (Pauraque) à tous les participants. Nous n'avons qu'à marcher une cinquantaine de mètres pour observer un beau mâle posé au sol. Avec nos lampes puissantes, nous pouvons distinguer le blanc qui borde la queue et qui orne chacune des ailes alors que le mâle s'envole pour capturer des insectes attirés par la lumière.

Notre liste de la journée compte 108 espèces et porte notre total à 147 pour le voyage.

 


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Vers la Milpasuite du voyage vers la Milpa




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