Passion Plume ©

par Laval Roy


Caye Caulker (Anchorage Hotel)

 

9 mars 2006:  Monkey Bay, Belize city et Caye Caulker

Nous quittons Mountain Pine Ridge tout de suite après le déjeûner,  car nous voulons être à Monkey Bay assez tôt, avant que la chaleur ne rende les oiseaux apathiques et muets. Comme nous passons par la ville de Belmopan, la nouvelle capitale du pays, nous faisons un très rapide tour de ville.

La rivière Sibun à Monkey Bay. Photo Anne Déry. Nous arrivons donc au site de Monkey Bay vers les 9h00 et il s'avère plus productif que lors de notre première visite. Alors que nous avançons lentement sur la route qui mène à la rivière, nous entendons la Colombe cendrée (Blue Ground Dove), mais il nous est impossible de la voir. Il en est de même du Colin à gorge noire (Black-throated Bobwhite) qui nous siffle son caractéristique "bob-ouête" à quelques reprises. Il faut dire que ce n'est pas une mince synécure que de trouver un de ces oiseaux dans les herbes hautes. Et voilà qu'un magnifique Macagua rieur (Laughing Falcon) passe en vol, en laissant pendre de ses serres un serpent qui doit bien mesurer un bon quarante-cinq centimètres de long. Ce gros falconidé se nourrit presqu'exclusivement de serpents, terrestres ou arboricoles, allant des petits serpents inoffensifs (genre Philodryas, Liophis -- vine snakes) aux plus gros qui peuvent même innoculer un venin dangereux. Il peut cependant arriver que dans les milieux naturels perturbés par l'homme, cette espèce se nourrisse de rongeurs, de lézards et même de poissons. Au Brésil, un individu a été observé alors qu'il capturait des chauve-souris lorsqu'elles quittaient leur caverne à la nuit tombante.

Vers les 10h00, l'heure magique pour cette espèce, un magnifique Spizaète tyran (Black Hawk-Eagle), plane à très basse altitude au-dessus du groupe. Alors que nous nous approchons de la rivière, un petit groupe de parulines recèle une autre Paruline vermivore (Worm-eating Warbler). Un Martin-pêcheur vert (Green Kinfisher) se perche non loin. Sur le chemin du retour, l'oiseau-vedette de l'endroit se montre enfin dans une talle de bambous: le Sporophile bleu (Blue Seedeater), une espèce que l'on ne retrouve que dans ce milieu bien précis. De surcroît, il se perche bien en vue, au grand plaisir de tout le monde.

Après un repas dans un restaurant à côté du site, nous nous dirigeons vers le port de Belize city. Chemin faisant, nous observons une Buse noire (Common Black-Hawk) perché dans le haut d'un poteau de téléphone, en bordure de route. Alors que l'autobus roule, nous passons à côté d'un milieu humide où des Échasses d'Amérique (Black-necked Stilt) sont facilement identifiables à l'oeil. Je suis tellement certain que cette espèce s'observera facilement sur l'île de Caye Caulker que je ne fais pas arrêter l'autobus. Je m'en mords encore les doigts puisque ce sera la seule occasion du voyage où nous en croiserons.

Le port de Belize City. Photo Anne Déry.

La façon de nous rendre à Caye Caulker, ou sur toute autre île, est d'emprunter les gros bateaux taxis qui font la navette plusieurs fois par jour entre le port et les différentes îles. Ces bateaux sont assez spacieux pour contenir une soixantaine de personnes avec les bagages. La promenade dure environ quarante minutes. On peut également y aller en avion et le trajet dure une quinzaine de minutes. C'est surprenant de voir la régularité des vols qui partent de l'île de Caulker vers la côte.

Avant même d'arrêter l'autobus devant la gare maritime, nous voyons déjà la Frégate superbe (Magnificent Frigatebird), la Mouette à tête noire (Laughing Gull) et le Pélican brun (Brown Pelican). Aussitôt que nous nous éloignons de la côte, le Cormoran vigua (Neotropic Cormorant) laisse la place au plus gros Cormoran à aigrettes (Double-crested Cormorant). Nous accostons finalement sur notre île et nous sommes accueillis par des porteurs de valises à vélos qui s'empressent de transporter nos bagages à notre hôtel. Ce qui frappe sur l'île, c'est l'absence de véhicules moteurs. Les insulaires se promènent à pied, en vélos ou en voiturettes de golf électriques. Donc, pas de bruit de moteurs. Par contre, la mer est plus achalandée avec tous ces bateaux de pêche ou de tourisme qui sillonnent constamment les flots. Nous nous rendons donc à notre hôtel, le Anchorage hotel, à pied, en suivant les porteurs de bagages.

La vue de la mer des Caraïbes à partir du balcon de notre chambre. Photo Anne Déry.

Au départ du quai où nous venons d'accoster, nous pouvons observer des sternes posées sur le quai voisin: la Sterne caugek (Sandwich Tern) et la Sterne royale (Royal Tern) font bon ménage. En route vers l'hôtel, une Tourterelle à ailes blanches (White-winged Dove) est assise bien calmement sur un fil électrique, à moins de 10 mètres de nous, et elle nous regarde passer avec détachement. Le vent est fort et chaud. Les oiseaux en vol ont de la difficulté à contrôler leurs déplacements. Alors que certains s'installent dans leur chambre, d'autres serpentent déjà les sentiers sablonneux qui commencent à quelques mètres seulement de l'hôtel. Le bord de l'eau abrite les Pluvier argenté (Black-bellied Plover), Courlis corlieu (Whimbrel),  Tourne-pierre roux (Ruddy Turnstone), Bécassin roux (Short-billed Dowitcher) et Bécasseau sanderling (Sanderling). Et la petite forêt toute proche révèle deux des espèces-cibles de l'île: le Viréo du Yucatan (Yucatan Vireo) et le Moqueur noir (Black Catbird).

 

La liste de la journée fait état de 110 espèces et nous en sommes à 310 espèces pour le voyage.

 

10 mars 2006 : Caye Caulker

 

Les sentiers sur Caye Caulker. Photo Anne Déry.

Il vente très fort durant tout notre séjour sur l'île et, même si ce vent est chaud, ça rend l'observation plus difficile. Les sons sont distorsionnés par la force du vent et par la distance. Comme aucun repas n'est servi à notre hôtel, nous devons prendre les repas à l'extérieur. Ce n'est réellement pas un problème puisqu'une marche de cinq minutes nous permet d'accéder à un restaurant bien tenu. Nous décidons donc de faire de l'observation avant le déjeûner et nous irons manger vers 8h00.

L'une des premières espèces observées est l'une de celles qui ont motivé notre venue sur l'île soit le Pigeon à couronne blanche (White-crowned Pigeon). Jean Jacques n'est pas trop certain si nous sommes dans les bonnes dates pour espérer trouver l'espèce. De plus, cette espèce tend à se cacher plus en forêt, dans un secteur moins facile d'accès sur l'île. Toujours est-il que ces appréhensions s'évanouissent en quelques secondes puisque l'oiseau tant convoité est bien perché, à découvert et tout près. Quel bel oiseau ! Après seulement quelques minutes de marche, nous arrivons à une petite réserve, vraiment petite, où nous avons les meilleures chances pour observer deux autres spécialités de l'île, soient les Moqueur noir (Black Catbird) et Viréo du Yucatatn (Yucatan Vireo). Ces deux dernières espèces avaient été observées la veille, mais pas par tout le monde. Là on se régale tous !

Après le déjeûner, nous nous rendons un peu plus loin vers le bout de l'île.  Chemin faisant, nous observons tous les limicoles observés la veille. Nous découvrons également quelques Parulines des mangroves (Mangrove Warbler) qui en sont à différents stades de coloration au niveau de la tête. Elles côtoient naturellement leur cousine, la Paruline jaune (Yellow Warbler), et nous observons aussi la Paruline à couronne rousse (Palm Warbler) et la Paruline à collier (Northern Parula). Le Sucrier à ventre jaune (Bananaquit) est commun et nous le rencontrons régulièrement, à différents endroits. Il semble remplacer les colibris qui sont ici plutôt rares. Une autre espèce très recherchée est le ¸Râle à cou roux (Rufous-necked Wood Rail). Ce gros rallidé se voit le plus facilement durant la saison hivernale, le long des côtes bordées de palétuviers du Bélize et sur les rivages des différentes îles au large de ces côtes. En fait, nous le rencontrons ce matin alors que Jean Jacques perçoit un mouvement dans la végétation bordant le sentier. Il se penche rapidement et il a juste le temps de voir l'oiseau qui s'enfonce en courant dans la végétation. Malgré de longues minutes de recherche, nous ne le retrouvons pas.

La circulation sur Caye Caulker. Photo Anne Déry.

Après le repas du midi, alors que la chaleur est à son maximum, nous profitons de quelques heures pour nous étendre sur le sable, dans les chaises longues et pour faire trempette près du quai. C'est le temps aussi pour faire quelques emplettes, car les boutiques sont très près. Quelques membres du groupe nous ont quitté pour aller faire de l'apnée sur la barrière de corail. Il y a tellement de différentes compagnies offrant leur service pour ce genre d'excursions qu'il est très facile de se laisser tenter. Ils ne reviendront qu'en fin d'après-midi.

Notre excursion en après-midi nous permet de rechercher à nouveau le râle, mais sans plus de succès que le matin. Nous entendons cependant l'Élénie siffleuse (Caribbean Elaenia), une espèce "facile" pour l'endroit, mais nous n'arrivons pas à la voir de façon satisfaisante. Nous avons cependant plus de chance avec l'Ariane cannelle (Cinnamon Hummingbird) et l'Oriole masqué (Hooded Oriole). La seule espèce de picidé sur l'île, le Pic à front doré (Golden-fronted Woodpecker), nous rappelle la proximité des côtes du Bélize.

 

Nous terminons cette journée avec 45 espèces et nous ajoutons 3 espèces nouvelles, ce qui porte la liste du voyage à 313 espèces.

 

11 mars 2006 : Caye Caulker et Bélize city

 

Nous voici maintenant rendus à notre dernier matin et nous devons quitter à 11h30 pour un retour à Belize City. Nous occupons donc nos dernières heures à parcourir les sentiers près de l'hôtel. Si ce court séjour sur l'île de Caye Caulker ne nous a pas permis de voir une grande variété d'oiseaux, et c'est bien normal pour une île de cette envergure, il reste que nous y avons ajouté 13 espèces. L'espèce-vedette de dernière heure est cette Élénie siffleuse (Caribbean Elaenia) qui vient se percher quelques instants sur un fil électrique, juste en face d'une maison.

Avant que le groupe ne parte, Andrée Desjardins nous quitte avec ses bagages, car elle va rejoindre son mari sur Ambergris Caye, située à seulement quelques kilomètres au nord. Denise Tardif et Claude Davignon avaient déjà planifié de rester quelques jours supplémentaires sur place afin de se reposer et de profiter amplement de la plage et des différentes activités offertes aux touristes. 

Le retour sur la terre ferme pour le reste du groupe se fait sans aucun problème et l'autobus nous attend pour nous transporter à l'aéroport.

En cette dernière demi-journée, nous observons 38 espèces et notre liste cumulative pour le voyage atteint 313 espèces.

Nous revenons au Québec avec des belles images dans la tête et dans le coeur et avec la satisfaction d'avoir vécu des moments uniques.

Voici la photo du groupe, oeuvre de Serge Richard, qui ne sera évidemment pas dessus:

 

Le groupe à Caye Caulker. Photo Serge Richard.

1ère rangée, de gauche à droite: Jean Guy Picard, Monique Maheu, Monique Berlinguette, Suzanne Lamirande, Anne Déry, Laval Roy, Jean Jacques Gozard.
2ième rangée: Denise Tardif, Andrée Desjardins, Claude Davignon, Josann L'Heureux, Roch Bernier, Suzanne Labbé, Daniel Barrette et Johanne Barrette.

 

 


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