Bahama par Laval Roy

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Grand Bahamas Island: du 19 au 26 avril 1980



Les îles Bahamas


Quand on parle d'une destination-vacances qui attire un grand nombre de touristes, les îles Bahamas sont parmi les préférées. C'est un voyage organisé (non ornithologique) qui nous a amené, Alice et moi, sur l'île du Grand Bahamas. Nous logions à l'hôtel Princess Tower à Freeport. C'était notre premier voyage à vie. Notre horaire était régie à tous les jours par des réunions, donc nous suivions le groupe. J'avais quand même prévu apporter le Peterson et nos paires de jumelles étaient à portée de main en tous temps. En bouquinant dans une petite librairie de Freeport, nous avons trouvé The Birds of New Providence and the Bahama Islands de Brudenell-Bruce-Heinzel,Édition Collins 1975,ISBN 0-00-219030-3. Aujourd'hui, nous savons que le livre idéal, en complément à un guide couvrant au moins l'Est de l'Amérique du Nord, serait Birds of the West Indies de James Bond, Edition Collins, ISBN 0-00-219191-1.


Information générale:


Les îles Bahamas font partie du Commonwealth Britannique et doivent allégeance à la Reine Elizabeth II. Ils ont leur propre monnaie dont la valeur équivaut à l'argent américain. La population noire, qui constitue la majorité des 275,000 habitants des Bahamas, est descendante d'esclaves en provenance d'Afrique de l'Ouest. La population blanche provient des conquérants anglais partis des Bermudes, en 1647, pour acquérir une liberté religieuse. D'autres sont reliés à des loyalistes du Sud des États-Unis qui, durant la Révolution Américaine, sont venus établir de vastes plantations. Après l'abolition de l'esclavage, en 1834, les noirs et les blancs se sont tournés vers la mer, pratiquant la cueillette des éponges et la pêche, car la pauvreté du sol ne permettait pas de nourrir les gens de façon extensive. Aujourd'hui, l'écotourisme est l'activité commerciale qui rapporte le plus de devises étrangères dans les Bahamas. Si les insulaires sont affables et vous adressent facilement la parole, ils sont également peu pressés et nous donnent une bonne idée de l'attitude très relaxe des latino-américains. La conduite automobile se fait du côté gauche et vous devez absolument tenir compte de ce facteur avant de louer un véhicule.





Lieux à visiter:


Comme pour toute île de faible dimension, avec une superficie de 530 milles carrés et une population de 41,000 habitants, l'avifaune nicheuse n'est pas très variée et compte beaucoup sur l'apport des migrateurs pour gonfler le nombre possible d'espèces à observer. Les habitats naturels sont peu diversifiés. Les forêts sèches et les arbustes occupent la zone le long des côtes. Des peuplements de pins et des forêts décidus se retrouvent dans les terres. Quelques endroits touristiques sont bien aménagés et peuvent attirer un bon assortiment d'espèces d'oiseaux. En sa partie la plus occidentale, l'île Grand Bahama se retrouve à seulement 100 kilomètres de la péninsule floridienne. Freeport est la 2ième ville en importance des Bahamas avec ses complexes hôteliers. L'endroit à visiter est le Rand Nature Center, un refuge de 100 acres, pourvu d'un bon système de sentiers aménagés en pleine "forêt bahamienne" (forêt sèche où abonde le pin). À 5 minutes de taxi de l'hôtel, ce site est très accessible. Un centre d'interprétation permet d'avoir de l'information sur ce qui peut se voir sur le site quoique, à ma visite, la personne ne semblait pas trop compétente à ce niveau. Nous avons pris un tour guidé dans le dédale des sentiers et nous avons identifié par nous-mêmes, car le guide s'attardait plus à expliquer aux autres touristes la flore. Ce centre nourrit les parulines avec des vers et des chenilles et nous avons pu observer une Paruline à gorge jaune (Dendroica dominica) venir se nourrir dans les mains du naturaliste. Selon ses dires, une Paruline de Kirtland(Dendroica kirtlandii) venait également à l'occasion. Nous n'avons pas eu la chance de l'observer. La Paruline des Bahamas (Geothlypis rostrata) se tient juste à l'entrée du centre et est très coopérative. Le directeur du centre, Rick Oliver, peut être rejoint à l'adresse électronique suivante: r.oliver@grouper.batelnet.bs . Un autre endroit intéressant à visiter est la ville de West End , située à l'extrémité ouest de l'île. Nous avons pris un voyage organisé par l'hôtel, mais nous ne suivions pas les activités. Alors que le groupe arrêtait pour visiter une fabrique de parfums, nous en avons profité pour aller observer une colonie de Petite Sterne (Sterna albifrons). Tout le reste de nos observations s'est fait aux alentours de l'hôtel et sur le bord de la plage. Nous nous sommes régalés de belles espèces et voici une liste des plus intéressantes: le Flamant rose (Phoenicopterus ruber) , la Mouette à tête noire (Larus atricilla), la Colombe à queue noire (Columbina passerina), le Pluvier de Wilson (Charadrius wilsonia), le Chevalier semipalmé (Catoptrophorus semipalmatus), la Sterne royale (Thalasseus maximus), le Ani à bec lisse (Crotophaga ani), le Merle vantard (Turdus plumbeus), l'Hirondelle des Bahamas (Tachycineta cyaneoviridis), le Moucherolle tête-fou (Contopus caribaeus), l'Émeraude de Ricord (Chlorostilbon ricordii), le Sucrier à ventre jaune (Coereba flaveola), le Tangara à tête rayée (Spindalis zena), le Moqueur polyglotte (Mimus polyglottos) et le Gobe-moucherons gris-bleu (Polioptila caerulea). À West End, nous avons observé la Paruline à calotte verte (Dendroica pityophila), le Tyran de La Sagra (Myiarchus sagrae) et le Coulicou manioc (Coccyzus minor).

Mon coup de coeur (sur 5):


L'île Grand Bahamas est sûrement un beau lieu de villégiature, mais je ne le recommanderais pas pour un voyage ornithologique. Il est très important, lorsqu'on va dans un endroit assez restreint, de pouvoir au moins patrouiller tous les coins afin de profiter au maximum de tous les habitats. Rien que le fait de devoir conduire à gauche empêche bien des gens de louer des véhicules, avec raison. Il reste que le manque d'expérience a fait que j'aurais pu m'organiser autrement, comme en font foi mes expériences en Colombie et au Mexique. Dans un ordre d'idées un peu plus pécuniaire, il est beaucoup plus "rentable" monétairement et ornithologiquement d'aller à Cuba. Le ratio "$ investissement/espèce observée" est plus alléchant au dernier endroit.


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